30 août 2007
Mon premier Olympia
Rassurez-vous je ne vais pas vous la faire à la Emmanuelle Devos et "bonsoir Bercy", de toute facon je chante comme une casserole émaillée.
Je viens d'acheter mon billet pour mon premier Olympia. Mon premier concert, d'ailleurs, si on excepte Mecano à Toulouse quand j'avais... onze ans?
Je suis toute contente à l'idée d'assister à un spectacle dans cette salle dont j'entends parler depuis si longtemps: enfin je vis la voir "en vrai"!
Ce sera le 11 novembre à 17h00, pour le spectacle de Lynda Lemay, dont j'écoute les CDs en boucle depuis un an.
Apparemment le dates du 9 et du 10 sont complètes. Celle et ceux qui veulent réserver peuvent aller voir sur le site de la Fnac, il reste quelques strapotins à 36 EUR.
29 août 2007
Geekette, geekette, c'est vite dit...
C'est ce qui s'appelle mettre la charrue avant les bœufs.
Depuis ma joyeuse incursion sur le Net depuis le nid, figurez-vous que Môssieur PC me fait la tête. Jaloux que je délaisse ses p’tits programmes pour me balader sur la toile ? Contrarié de sentir une intrusion dans ses p’tits câbles ?
Crise de jalousie ou simple mauvaise humeur, Môssieur PC a décidé depuis dimanche de m’en faire voir de toutes les couleurs. Il refuse de s’éteindre, d’abord. Quand je clique sur « Sart » puis « Ausschalten » (oui oui, il est en teuton, Môssieur PC), il réfléchit cinq ou dix minutes et puis me déclare (en teuton toujours, mais je vous donne la version traduite) : « changer d’utilisateur ? Se délogger ? »
Non, E-TEIN-DRE !!!
Il ne veut rien savoir. J’appuie quand même sur « délogger », il fait toujours waterloo. Il ne veut pas, il ne veut plus. Ré appuyer sur « Start », il ne veut même plus afficher son p’tit menu déroulant. Il ne s’éteint pas, il ne réagit plus, inerte comme un visage au Botox.
Je le débranche, il s’éteint.
Lundi soir
Espérant que Môssieur PC ait retrouvé sa bonne humeur, je le rallume.
Il boude, rame, hoquette. Je rage. L’éteint, le rallume. Il renâcle, rechigne, mais finit par condescendre à s’éveiller.
Et puis il se met en tête d’ouvrir le dossier C :
Je le ferme.
Il le rouvre.
Je le referme.
Il le re-rouvre.
Je décide de ruser, je réduis la fenêtre du C : sans la fermer.
Il la re-re-re-ouvre.
Je le déteste.
Entre deux ouvertures intempestives de C : je télécharge un antivirus sur le Net. En priant pour que ce ne soit pas un virus.
Je dodeline de la tête devant mon écran tandis que Môssieur PC rame, turbine, bidouille. Installation, lancement. Ce crétin de Norton ne trouve aucun virus. Je le savais, Môssieur PC est vivant, je vais bientôt me retrouver dans la suite de « I, Robot » (remarquez, si c’est avec Will Smith comme le premier opus, je veux bien jouer la demoiselle en détresse prisonnière du vilain Môssieur PC).
Je veux éteindre Môssieur PC, il refuse et me rejoue le scénario de la veille. Je craque et arrache sournoisement son cordon ombilical, il s’éteint (ou bien il fait semblant, on ne sait jamais avec ces bestioles, finalement).
Mardi soir
J’allume Môssieur PC, il plante. Une fois, deux fois, trois fois… Je tente de me logger sous un autre utilisateur et… gnark ! Je t’ai eu !
Ah non, voilà que le C : repart à l’attaque. Môssieur PC : 1 point. Strudel : 0.
Il me dit quand même qu’il a un virus planqué dans le dossier Truc, un vilain machin nommé W32 ou un truc dans le genre. Je note (dans ma tête) où se planque le virus, je pars à sa recherche… et je l’oublie aussitôt.
Je ne le trouve pas, ce p… de virus.
Alors je commence à trifouiller dans le ventre virtuel de Môssieur PC et à effacer les trucs suspects. J’y vais au délit de faciès, effaçant les fichiers .exe portant un nom bizarre, ceux que je ne me souviens pas avoir déjà vus, etc.
Et puis, et puis…
Et puis je remarque que Môssieur PC a arrêté d’ouvrir le C : comme un exhibitionniste ouvre son imperméable.
Miracle ?
PS : Pour éviter ce genre de mésaventures (si vous avez un geek sexy à portée de la main, vous pouvez sauter ce passage, qui vous priverait d’un prétexte de drague sympa), vous pouvez télécharger sur www.securer.com un pare-feu, un chasseur de virus, un détecteur de sites dangereux, et plein de trucs super amusants pour protéger Môssieur PC.
28 août 2007
Ceux qui restent
Règle numéro 1: sauf à avoir le talent d'un Démosthène on ne prend pas la parole en public sans s'être préparée. Il est dommage que l'on n'ait pas soufflé ce principe de base à Emmanuelle Devos ou à Anne Le Ny.
UGC Bercy, 27 août. Salle comble pour l'avant-première du film "Ceux qui restent". Il est précisé sur l'invitation d'arriver à 20h00 pile, la séance ne débute pas avant 20h45. C'est que la ponctualité ne vaut pas pour mesdames et messieurs les VIP, qui arrivent en retard.
Munissez-vous, pour la prochaine fois, d'un bon bouquin ou d'un compagnon agréable. Car, dépourvu(e) de l'un comme de l'autre, vous vous verrez condamné(e) à...
Ecouter les conversations de vos voisins. Généralement ineptes.
Contempler les nuques et les profils. Souvent peu attrayants.
Dévorer des chips ou du pop-corn pour passer le temps. Puis vous flageller moralement pendant des heures.
Et n'oubliez pas votre appareil photo. Croisant Emmanuelle Devos et sa nouvelle coiffure à l'angle du salon VIP, ou contemplant de mon siège madame le metteur en scène et ses trois acteurs, je me serais giflée à coups de houpette à poudre pour avoir oublié mon appareil.
Non pas que vous ayiez manqué une superbe robe ou un magnifique jeune premier, hein? A contempler Mademoiselle (Madame?) Devos ou Monsieur Lindon on se rend compte qu'on est loin de la classe d'une Carole Bouquet ou d'un Alain Delon.
Vincent Lindon a à mes yeux l'irréductible défaut d'être le pote de Monsieur Bruel (je ne peux pas sentir Patrick Bruel). Alors, quand il est arrivé sur la scène, avec son T-shirt délavé et avachi d'une couleur hésitant entre le noir et le bleu marine, son veston à l'unisson sur un jean passé aux revers roulés et des chaussures marron ayant fui le cirage...
Je trouve dommage que, pour une telle occasion, les acteurs du film eux-mêmes n'aient pas jugé bon de se vêtir de facon élégante et soignée. Dédain? Négligence, ignorance? "Coolitude" mal à propos? Un peu de classe, que diable!
Quand le "présentateur" a tendu le micro aux acteurs c'est Emmanuelle Devos qui s'en est emparé, Serena Williams montant au filet n'aurait pas fait mieux. Et la rouquine de s'écrier "Bonsoir Bercy!" en levant les mains. Là, ca y est, je me dis qu'elle est nunuche.
Moins douée pour l'improvisation que pour le jeu, l'actrice s'embrouille et s'empêtre dans un embryon de discours inintéressant et creux. Anne Le Dy lui succède pour un petit mot au public, là encore mal préparé, mal dit, inutile. C'est un soulagement que d'entendre la voix rauque de Vincent Lindon s'élever dans la salle. Bien timbrée, caressante et sexy, canaille, la voix colle à merveille aux paroles qui font naître les rires dans la salle et oublier la malencontreuse prestation de la grande duduche. Difficile dans ces conditions pour la benjamine de la troupe, interprète de la fille de Vincent Lindon, de prendre la parole à son tour. D'ailleurs quand on lui tendra le micro en lui disant "veux-tu dire un mot" elle le prendra et déclarera "non: Mais puisqu'on m'y force je voudrais bla bla bla...".
Foin de potins, me direz-vous, vous voulez savoir comment est le film et peu vous chaut que je me répandisse en venimeux propos circonvolutoires (mon oeil, je suis sûre qu'il y a des lecteurs et des lectrices de Gala parmi vous).
Alors, le film... Vicent Lindon visite quotidiennement sa femme, hospitalisée pour un cancer. Il croise un jour, par hasard, Emmanuelle Devos, visitant son ami également soigné dans cet hôpital. Les deux engagent la conversation, lient connaissance, etc.
Le film est tristoune, ponctué de quelques éclats de rire. Il y a de la tension, de la hargne, des rancoeurs, pour une atmosphère tendue, qui manque de tendresse.
C'est à se demander si les cinéastes francais ont parié entre eux sur qui commettrait le film le plus cafardeux de l'année.
Vincent Lindon joue fort bien, homme en retrait et froid, au calme exapérant. Emmanuelle Devos, hélas, m'a tapé sur les nerfs tout au long du film - je n'ai pas pu faire abstraction de son discours de godiche, et son image de Duduche tête-à-claque m'a fait grincer des dents jusqu'à la fin.
Une fin en queue-de-poisson, en clair-obscur, qui laisse la porte ouverte à chacun pour imaginer ce qu'il voudra.
Un film moyen. Disons que SI vous avez une carte UGC illimitée, du temps à perdre, et du chocolat dans votre poche pour vous remonter le moral en douce, vous pouvez y aller. Mais, à tout prendre, allez plutôt voir le dernier Chabrol.
24 août 2007
Strudel version geekette
Le mot me fait certes irrésistiblement penser au gekko, peu glamour a priori, mais puisqu'il est à la mode, hein...
La geekette c'est une personne du beau sexe se passionnant pour le monde obscur (pour moi) des nouvelles technologies. La fille qui maîtrise son PC mieux que votre copain binoclard à lunettes qui a un clavier greffé au bout des doigts, comme un Ewdard aux mains d'argent version numérique.
Moi, je suis plutôt la fille qui couine "mais non, ne t'éteins pas, mais pourquoi tu te mets en hibernation?" à son portable qui, n'en faisant de toute facon qu'à sa tête, s'éteint imperturbablement sous vos supplications désespérées. Passe Monsieur Patron "que se passe-t-il, Strudel?", vous expliquez la situation et Patron se penche pour remettre en place la prise que vous aviez débranché...
Bref.
Avant-hier vous avez essayé de brancher votre Freebox toute neuve. Déjà le prospectus indique "livré avec trois antennes", vous n'en trouvez que deux.
Bref. Vous montez vos boîtiers, branchez vos câbles, allumez vos apareils...
Echec.
Re-essai.
Re-échec.
Etc, etc, etc. A une heure du matin Strudel se déclare échec et mat et va se coucher.
Têtue comme trois mules bretonnes vous retentez le coup le lendeöain. Défaites tous vos branchements, refaites tous vos branchements.
Echec.
Vous recommencez. C'est Mamaman qui serait fière de votre ténacité. Ou bien elle vous déclarerait, moqueuse: "quand tu as une idée dans la tête tu ne l'as pas ailleurs".
Certes. Surtout quand il s'agit d'une nouvelle paire de Sergio Rossi.
Au quatrième, cinquième, sixième échec vous appelez l'Insupportable pour qu'il vous guide par téléphone.
Il ne répond pas, bien sûr.
Vous recommencez. Rageuse. Prête à les appeler, ces fichus techniciens sous contrat qui vont vous arracher 90 EUR et la moitié de votre futur tailleur tout neuf pour brancher trois câbles. Vous êtes prêtes à soupconner free de mal écrire les manuels exprès pour vous obliger à appeler leurs techniciens payants et leur hotline hors de prix (vous virez parano quand vous êtes contrariée).
Vous cliquez sur le bouton d'aide. Quand même. Parce que vous préférez vous offrir un tailleur neuf qu'un technicien (ceci dit, si le technicien ressemble à Ashton Cutcher, ca se discute).
Vous tentez de suivre les indications de l'aide. Sachant que votre PC est configuré en allemand, que l'écran affiché diffère un peu beaucoup de celui de l'aide et que vous ne savez pas vraiment traduire les termes techniques d'une langue à l'autre.
Vous bidouillez, testez. Echec.
Re-bidouillez, testez. Ca marche.
Vous n'y croyez pas. Mais ca marche.
Demain vous essaierez de trouver comment configurer votre lettre d'information sur votre nouveau blog, pour faire plaisir à Dame V.
23 août 2007
Crumble aux poires
Une recette pour jours de pluie et pour goûter de filles, vite faite, bien faite.
Ingrédients:
beurre mou, sucre, sucre vanillé, farine, cannelle, poudre d'amande, poires.
Mettre un gros morceau de beurre mou dans un saladier, ajoutez un sachet de sucre vanillé, de la poudre d'amande, et saupoudrez de deux cuillères à soupe bombées de sucre en poudre. Ajoutez une pincée de cannelle, malaxez du bout des doigts.
Incorporez deux cuillères à soupe de farine. Malaxez jusqu'à ce que le beurre ait absorbé la farine. Rajoutez la farine cuillerée par cuillerée jusqu'à ne plus sentir le beurre sous vos doigts (il faut que le mélange ait une consistance sèche, signe que tout le beurre sucré a été absorbé). Ne cherchez pas à former de boule, mélangez en effritant bien la pâte.
Pelez les poires et coupez les en quartiers, ôtez le coeur et répartissez les quartiers de poire dans votre plat à four beurré.
Saupoudrez les fruits de cannelle, répartissez la pâte par dessus en prenant soin de bien l'émietter.
Glissez à four chaud pendant 25 minutes environ.
A déguster tiède, avec un Earl Grey ou une infusion comme du tilleul ou de la verveine. Se marie très bien à un plaid moelleux et à un bon film, ou bien à une séance de lecture au coin du feu le chat sur vos genoux (sauf s'il vous pique du crumble), ou à des confidences au ceux de l'oreille.
22 août 2007
Le fils de l'épicier
La carte UGC est sortie peu de temps avant mon départ pour Vienne. Et je râlais ferme de ne pas pouvoir profiter de ce que je trouvais être l'invention la plus sympa depuis l'e-mail (oui, à l'époque, j'avais une boîte mail sur wanadoo et apprenais à peine à m'en servir, alors bon...).
Parce que j'adore aller au cinéma, moi. Sauf qu'à 7,80 la place il m'aurait fallu renoncer aux Sergio Rossi, alors bon...
Sitôt arrivée à Paris j'ai fait 3 UGC pour arrive renfin à décrocher le précieux sésame (par correspondance ou par Internet, c'est trop long, moi je la voulais maintenant tout de suite, c'est comme ca que je me suis retrouvée à Chatelet un samedi, avec un sentiment peut-être un peu comparable à celui qu'a dû éprouver Blandine dans la fosse aux lions).
Et, depuis, j'écume gaiment les salles UGC.
Odéon avec les films en VO sous-titrée et Danton juste en face, j'ai adopté.
C'est à Montparnasse que j'ai vu LE navet de la semaine. Un navet si énorme qu'on pourrait nourrir une famille de 12 avec.
Ca s'appelle "Le fils de l"épicier" et ca a pour seul mérite d'avoir le rôle titre tenu par un marlou à la belle gueule de voyou et doté de beaux abdominaux.
Je n'avais pas lu le synopsis, j'ai peut-être manqué LE dénouement du siècle (j'en doute). Le film s'ouvre sur un homme hospitalisé, ses fils qui viennent le voir. Tout de suite une dispute entre la mère et le fils "rebelle" (marlou belle gueule), avec un vocabulaire bien sûr hautement choisi: "jme suis pas câââssé y'a 10 ans pour qu'on vienn' m'faire chier avec ces conneries".
Une héroine mal peignée et mal habillée se voulant sans doute le reflet de la collitude actuelle (je prendrai des cours de rattrapage, c'est promis), une intrigue à peu près aussi palpitante que l'électro-cardiogramme d'un caillou, une tension perpétuelle entre les protagonistes qui se tirent dans les pattes du soir au matin.
Je suis partie à peu près à la moitié du film, morte d'ennui et de consternation.
Moralité: même si vous avez la carte illimitée et un moment à tuer, allez plutôt boire un chocolat chez Angelina.
21 août 2007
De Nation à Bastille
C'est un jour couleur de Bretagne, un jour de bruine et de silence. C'est un jour de coin du feu et de broderie fine, un jour de chat couché sur vos genoux. Un jour de tartines et de chocolat chaud.
Sans coin du feu ni chat ni broderie, tenaillée par l'envie de découvrir un peu le quartier où j'ai posé mes valises, je suis partie flâner, le nez au vent, sous mon parapluie rose.
Boulevard Voltaire vers la droite, et non pas vers la gauche comme j'ai l'habitude le prendre pour aller attraper le RER à Nation. Enfer et bonne surprise, c'est une boutique de scrap que j'ai au coin de la rue! A visiter au plus vite.
Un peu plus loin je croise... Allons, pas l'homme de ma vie, mais le prince de l'espace qui avait accroché un temps mon coeur de petite fille (en guise de berceuse je demandais à Mamaman de me chanter "accours vers nous Prince de l'Espace... etc").
J'en profite pour dire à Thibault, fan de manga, qu'il y a un salon du manga les 27 et 28 octobre, les billets sont déjà en pré-vente.
Rue de la Roquette, à gauche. Je m'attendais presque à voir des salades pousser entre les pavés de cette longue rue au nom charmant, je rencontrais une boutique bio et des dames bien mises qui sortaient de la messe. La remontée de la rue fut ponctuée des tonitruants reniflements d'un monsieur qui visiblement n'a jamais lu les oeuvres de la Baronne.
Tiens, la rue de Lappes. Oh oh, ce nom me semble familier.. Mais oui, mais oui, c'est là que se cache...
Oui, le fameux, le mythique, le Balajo. Le Balajo dont BCP parle avec des étoiles dans la voix: "Ah ma fille, ils dansent, les mecs, c'est du sérieux. "
Alors, c'est là. Je regarde les horaires: mercredi c'est rock, jeudi c'est latino, dimanche c'est matinée musette, et un dimanche soir par moi c'est le tango bal. Je vais y faire un saut mercredi, pour repérer le terrain et peut-être, peut-être, danser un peu, si je trouve un cavalier. Et c'est décidé, dès que Thibault et Gabi rentrent de vacances, je bouge mon ancien cavalier pour qu'on aille danser!
Suite de la balade jusqu'à Bastille. Une grande place, vaste et aérée, ornée d'une grande colonne. Où partent les avenues qui naissent ici? Un prochain sujet d'exploration en perspective.
En attendant et Bastille oblige, je me rapproche de l'opéra. Pour voir les tarifs (ca va), le programme (pauvre, pauvre). Plus près, encore plus près, car, le nez sur les détails, on ne oublie de contempler l'ensemble.
Et croyez-moi, l'ensemble, il vaut mieux oublier de le contempler.
J'avais entendu dire que c'était laid. En fait, c'est atroce. Si atroce que ca aurait pu être bâti sur une idée de Christine Mielitz. (cf. le billet "Lohengrin" sur mon ancien blog: viennoiseries.over-blog.com, moi je vais chercher le code HTML pour faire les liens actifs).
Amortissement de ma carte UGC oblige je remonte la rue de Lyon vers l'UGC Bastille. Au bout de la rue trône la Gare de Lyon, élégante et majestueuse. Dommage que l'architecte qui a commis l'opéra ne soit pas un peu inspiré de ce beau bâtiment.
Après avoir vu le dernier Chabrol (qui fera l'objet d'un prochain billet) c'est à pied que je suis remontée, le long du boulevard Diderot, de la Gare de Lyon à Nation.
Le boulevard Diderot qui présente le remarquable intérêt de n'avoir absolument aucun intérêt. C'est une longue avenue ennuyeuse et morose, dénuée de charme, de gaieté, de couleurs. Aucune boutique, aucun joli coup d'oeil pour en ponctuer la morosité - hormis le beau portail ancien de la caserne des pompiers, mais puisqu'aucune fesse de pompier musclé n'est visible de la rue, je persiste et signe, le boulevard Diderot n'a pas le moindre intérêt.
Retour au nid, un peu mouillée, un peu frissonnante: c'est un moment à crumble et à infusion devant la télé, au chaud sous un plaid.
20 août 2007
Coquilles Saint-Jacques, sauce au cidre
"Oh, pour moi tout(e) seul(e), je ne cuisine pas, ce n'est pas la peine."
Dans le même ordre d'idée on a "mes dessous, il n'y a que moi qui les vois, alors bon, pas la peine de sortir les frous-frous" ou encore "bah, l'hiver, personne ne voit les poils sous les pantalons, alors bon, pas la peine de s'épiler".
Faux et archi-faux. C'est justement pour soi qu'il faut cuisiner des douceurs, prendre soin de son corps, porter de beaux dessous, garder la peau douce... Il y a le côté "ca remonte le moral", le côté "toujours prête", le côté, enfin "je le vaux bien". A quoi bon travailler 12 heures par jour si on mange des Bolinos devant la télé, les jambes bonnes à faire des nattes et en culotte trouée, mmm? Ma grand-mère, à soixante-cinq ans, vit seule depuis une éternité et demi et prend toujours plaisir à se rendre au marché pour acheter son poisson, ou son morceau de viande, ses légumes, ses fruits, et à se composer de succulents petits délices "pour moi toute seule, ma fille, c'est pas parce que je suis seule que je vais manger la boîte du chat, hein".
Puisque, samedi, les coquilles Saint-Jacques du charmant poissonnier du marché Cours de Vincenne m'ont fait de l'oeil, hop, emballé c'est pesé: trois jolies coquilles charnues (je sais, ce n'est pas encore la saison de la coquille francaise, mais j'avais une envie, et il faut savoir se passer ses petits caprices) sont venues rejoindre pêches et autres primeurs dans ma poussette de marché (oui; j'ai une poussette de marché, ca fera l'objet d'un prochain billet, on ne rigole pas!!!).
Retour de marché: on met à bouillir l'eau pour les pâtes, additionnée de gros sel et d'une goutte d'huile d'olive.
Puis on pèle et on émince une échalotte, qu'on met à revenir, avec un petit hachis de persil, dans du beurre (ou une huile, chacun à son goût), à feu doux, très doux.
Quand l'échalotte est souple, transparente, bref, cuite, on porte le feu à vif et on arrose d'un demi verre de cidre, qu'on laisse ensuite réduire.
Puis on met les pâtes dans l'eau bouillante, et on rajoute une lichette de crème liquie dans la poêle où l'échalotte se dore la pilule.
On met les coquilles dans la poêle, on laisse cuire (toujours à feu vif) deux ou trois minutes -à peine, pas plus, sous peine de se retrouver avec des bouts de pneu dans son assiette.
On verse les pâtes égouttées dans une assiette creuse, on verse les coquilles dans leur sauce.
Et... tada!
17 août 2007
Un plaisir simple
Il y a le trajet qui mène de Nation à chez moi.
Il y a les 3 ou 4 boulangeries qui ponctuent l'avenue Philippe-Auguste et le boulevard Voltaire, il y a le fournil "à l'ancienne" du boulevard de Charonne.
Il y a l'odeur de pain chaud qui croise une narine gourmande, il y a la vitrine de la boulangerie encore illuminée à huit heures du soir. I
l y a le petit boulanger au coin de ma rue qui sort à vingt heures sa dernière fournée de "campaillettes", il y a le plaisir de se saisir du pain qui sort du four et de se brûler les doigts sur sa croûte craquante malgré le papier blanc qui le ceint.
Il y a le bruit de la croûte qui se rompt pour découvrir une mie dense et légère. Il y a la chaleur du pain qui fait fondre une lichette de beurre. Il y a ce parfum qui se marie si bien avec le goût de noisette d'un Beaufort d'été.
Il y a la baguette, croustillante et un peu fade, mais si bonne sous une couche de confiture. Il y a le pain de seigle aux raisins, qui aime le fromage et accompagne si bien un bol de potage pour un dîner léger, il y a la "campaillette" un peu rustique qui se mariera avec le sucre et le sel au gré de mes humeurs.
Il y a le pain que l'on rompt d'une main preste, celui qui appelle un couteau pour fendre sa croûte un peu épaisse, celui qui s'émiette un peu et celui qui reste dense. Et, toujours, ce parfum qui rappelle les tartines de l'enfance.
16 août 2007
Je vous l'avais bien dit...
que j'avais le sens de l'orientation d'une amibe.
Quoique les amibes sachent très bien trouver un estomac dans un corps qui leur est parfaitement inconnu.
Bref.
Mission hautement périlleuse confiée par Petite Chef avant de prendre la clé des champs: "Allez chez Ikéa acheter les nouvelles lampes pour décorer le lobby.
-Chef, oui, Chef!"
Toutes guillerettes à l'idée de sécher une partie de l'après-midi de boulot pour aller faire du shopping chez les Suédois, Stagiaire et moi rassemblons clés, argent, papiers et...
"Stagiaire, tu conduis?
-Mais, Strudel, je n'ai pas le permis.
-Oh, m..."
Ne vous y trompez pas, hein? J'aime conduire. J'adore conduire. Surtout sur l'autoroute. En ville, entre ceux qui te refusent une priorité, ceux qui doublent à droite, ceux qui brûlent les feux, je crise, je rage, je jure comme une poissarde sur le marché du Vieux Port de Marseille - ce qui ne va pas du tout avec mes Sergio Rossi - et je stresse.
Sauf que me retrouver sur les graaaaaands qxes reliant Roissy à la zone commerciale Paris Nord, dans une voiture que je ne connais pas, sur une route que je ne connais pas, et sans savoir où je vais... Les prochains stagiaires DEVRONT avoir le permis. Toc.
J'embarque donc Stagiaire et nous voilà parties. Ikea, les sacs jaunes, les diables, les lampes, les canapés, la pause à la cafet', les emplettes... Tout se passe fort bien.
Et c'est le moment du retour.
"Stagiaire, c'est à droite?
-Heu...
-Et ici, c'est tout droit?
-Oui, je crois.
-Et là, je prends où? A droite ou tout droit?
-Là, là, regarde le panneau, c'est parlà."
Ca aurait pu. Sauf que l'hôtel indiqué par le panneau est certes voisin du nôtre, mais il a aussi un jumeau dans cette p... de zone commerciale.
De bifurcations hasardeuses en virages vers l'inconnu c'est sur l'autoroute que se retrouvent Strudel et Stagiaire. Direction Aulnay-Sous-Bois. Puis direction aéroport. Tiens, l'autoroute de Lille.
Bon, on a fini par arriver, hein?
Mais la prochaine fois que je dirai que j'ai le sens d'orientation d'une noix, on est prié de me croire.





