31 décembre 2007
Au fil du rasoir
Le bruit de l'eau qui vient éclabousser des joues encore endormies.
Celui de l'aérosol qui délivre une mousse onctueuse et blanche, qu'il applique sur son visage en mouvements circulaires.
Souvenir d'une petite fille que le bisou "mousse" faisait rire aux éclats, avant qu'elle n'essuie vigoureusement sa joue ponctuée d'un flocon cotonneux.
Le crissement de la lame qui trace un passage net dans la mousse, révélant la peau lisse et dénudée par une indiscrète lucarne. Longs mouvements sur les jours, petits coups précis sur le menton ou la lèvre supérieure.
Ce moment où la peau apparaît, lisse et nue, fraîche, encore parsemée cà et là d'une trace de mousse.
Dernier rincage à l'eau tiède ou fraîche. Un "splash" d'après-rasage ou une touche de crème légère, et la joue s'offre au baiser filial de l'enfant, les lèvres à celui de la femme amoureuse.
Matins d'hier; matins d'aujourd'hui et de demain: inoubliable douceur; inoubliable parfum de la peau d'un homme fraîchement rasée.
30 décembre 2007
Le huit - Katherine Neville
En visite chez des amis j'ai la fâcheuse habitude de farfouiner dans leur bibliothèque. Accueillie pour le week-end chez les parents du SDH à l'occasion des 30 ans de celui-ci, je n'ai pas dérogé à ma petite manie. Bon, ceci étant, je n'ai pas tous les torts, hein: les parents ont installé au grenier de leur superbe maison une grande, très grande bibliothèque bien garnie d'ouvrages variés. Face à la perspective d'une heure ou deux de repos, je n'ai donc pas résisté à un gros pavé dodu, au résumé de couverture bien alléchant. Nichée sur le divan blanc du jardin d'hiver, régulièrement ravitaillée en thé et mandarines, blottie sous un plaid moelleux, je me suis lancée avec délices dans ma lecture.
Synopsis: un jeu d'échec sur lequel serait inscrit une formule mystérieuse et précieuse suscite les convoitises diverses. Alors qu'éclate la Révolution, l'abbesse du couvent où est dissimulé le jeu éparpille ses religieuses, porteuses chacune d'une pièce du jeu, afin d'égarer les recherches, et d'éviter que le jeu tout entier ne tombe dans des mains malintentionnées.
Les destins du jeu et des femmes qui en ont la charge, volontairement ou non, s'entrecroisent. On les suit en parallèle, pendant la Révolution et à notre époque. L'intrigue est bien nouée, faisant intervenir sans scrupules des personnages comme Marat, Napoléon et sa famille, la tsarine Catherine II ou encore, le colonel Khadafi. La référence constante au jeu d'échec donne une furieuse envie de dresser un échiquier et de se lancer dans une partie. Le ton volontairement burlesque de la partie contemporaine de l'histoire contrebalance celui, plus dramatique, de la partie plus ancienne, donnant un contraste agréable et permettant de passer sans confusion d'un chapitre à l'autre.
Un bouquin bien construit, dont l'énigme est intéressante. Un pavé à savourer le temps d'un week-end paresseux ou d'un long voyage en train, dépaysant, original sur la forme sinon sur le fond.
Le huit, Katherine Neville, éditions Pocket, 966 pages.
29 décembre 2007
Je suis une légende
Voilà un film que j'aurais mieux fait de ne pas aller voir.
D'abord, parce qu'il est inutile. J'ai beau être une fan absolue de Will Smith que je trouve sexy en diable malgré ses oreilles en antenne parabolique (ca doit tenir à ses pectoraux et à son ventre en tablettes de chocolat), et raffoler des films d'action, j'avoue que j'ai trouvé que celui-ci traînait diablement en longueur.
Synopsis: Le remède miracle contre le cancer s'est avéré être un virus mortel, décimant la population et transformant les rares humains survivants en bêtes épouvantables, mélange de vampire et de pitbulls atteints de la rage. Will Smith - alias Dr. Robert Neville - est le seul être humain survivant à ne pas être devenu une bête. Il parcourt New York avec son chien, et émet sur les ondes radiophoniques dans l'espoir de retrouver d'autres survivants, et capture des bêtes pour testre sur eux le vaccin qu'il tente de mettre au point.
J'aurais certes dû penser que les dialogues ne seraient pas le point culminant de l'histoire du dernier homme sur Terre. Effectivement, on doit plus parler dans le Grand Bleu que dans "Je suis une légende".
Contempler Will Smith et son chien pendant une heure (ensuite, on contemple Will Smith sans son chien) ne justifie pas de payer 9,70 EUR la place (pop-corn non inclus). Les loups-garous / vampires sont absolument effrayants, j'en ai fait des cauchemards pendant deux nuits.
Un film un peu rasoir, un peu longuet, qu'on peut ne pas aller voir, sauf si on veut rentabiliser son abonnement UGC.
28 décembre 2007
Et si c'était lui
Depuis "Le coeur des hommes" j'ai un faible pour Marc Lavoine acteur. C'est donc tout naturellement qu'un soir de cafard et de nuit glacée je me suis réfugiée devant "Si c'était lui".
Synopsis: Valentin, chômeur un peu paumé, tour à tour agressif et tendre, emménage dans un immeuble huppé, face à l'appartement occupé par la belle Hélène et son fils Jérémie. De disputes en séduction; une relation hésitante se tisse entre Madame la bourgeoise et Monsieur le sans-le-sou.
Une découverte pour moi que Carole Bouquet, toujours aussi belle, dont le sourire mutin rappelle de facon frappante celui de Vivian Leigh incarnant Scarlett O'Hara. Loin de la beauté froide dont j'avais l'image, on découvre une femme rieuse et chaleureue, un peu dépassée par son ado de fils et son voisin atypique. Marc Lavoine incarne fort bien son personnage de mec cassé, abîmé, égratigné, qui garde cependant chaleur et humour. Le film évite assez bien la caricature, montrant que le snobisme et les préjugés ne sont pas l'apanage des seuls "bourges". Une conclusion en pirouette, qui laisse la porte ouverte à tous les possibles.
Un film chocolat, qui ne restera sans doute pas dans les annales, mais qui a le méite d'être doux et chaud comme une écharpe en cachemire, confortable, agréable, et qui saura égayer une journée un peu grise ou une soirée solitaire.
27 décembre 2007
Par le bout du coeur
Cet homme, vous le connaissez depuis déjà plusieurs semaines.
Vous avez ri avec lui, parlé, dîné, téléphoné des heures durant, échangé des e-mails.
Vous le connaissez, autant qu'on peut connaître quelqu'un que l'on fréquente régulièrement depuis déjà un petit moment.
Et un jour il arrive vers vous, tenant par la main un petit bout de fille qui le regarde d'un air d'adoration béate. Des boucles blondes qui sautillent au soleil, des yeux curieux qui se posent sur vous. C'est elle. C'est elle qui vous fera connaître le père dans celui que vous connaissez côté homme.
Des rires noués au-dessus d'une crêpe "avec une double ration de chocolat s'il vous plaît", une niche innocente faite à son père, vous vous retrouvez à genoux sur la moquette en train de faire le tour des peluches ou de lire une histoire, et lui qui jette un oeil curieux, qui tend l'oreille, qui tour à tour vous rejoint puis vous laisse avec elle. Mmoments innocents dont le partage vous prend par le bout du coeur.
26 décembre 2007
Tannhäuser - Richard Wagner
Wagner ou le génie musical dans sa plus parfaite incarnation.
Si j'ai mis longtemps à découvrir l'opéra, j'ai eu besoin de plus de temps encore pour me décider à aller voir une oeuvre de Richard Wagner.
Sans doute parce que j'ai trop souvent entendu des commentaires acerbes critiquant "une musique trop lourde", la pompe, le côté tonitruant, manquant de mélodie, et surtout, surtout, l'interminable durée de la plupart des oeuvres wagnériennes. Sans compter la lecture politique que certains bien-pensants aiment à faire de son oeuvre - pour la dénoncer, cela va sans dire.
Et puis j'ai décidé de ne plus me laisser dicter mes goûts par l'avis de critiques plus ou moins inspirés (plutôt moins que plus, d'ailleurs: j'abhorre les pseudo-intellectuels des temps modernes, qui encensent des toiles blanches et des compressions de César).
Ce fut Les maîtres chanteurs de Nüremberg. Un éblouissement, une révélation. Beauté du texte, enchantement musical, puissance des voix et des choeurs. Les choeurs wagnériens, en comparaison desquels Nabuccho . le chant des esclaves du Nabuccho fait bien pâle figure. Un des rares opéras drôles et enlevés, qui se termine par des chants de joie et non des larmes tragiques. La beauté de ce moment m'a conduite tout naturellement à suivre attentivement les représentations des oeuvres de Wagner montées à l'opéra de Vienne: de la Walkyrie à Parcifal, du Hollandais Volant à Siegfried, je suis devenue une inconditionnelle de Richard Wagner, allant jusqu'à lire (en allemand) le Chant du Niebelung (une version moderne hélas bien décevante), et jusqu'à rechercher sur Internet les livrets des opéras wagnériens, afin de m'imprégner de la beauté des paroles.
Tannhäuser étant programmé à l'opéra Bastille, sous la direction, qui plus est, du grand, du très grand Seiji Ozawa, j'ai donc surmonté mes a priori (concernant notamment l'épouvantable laideur dudit opéra Bastille, et le prix indécent des billets) pour assister, le 24 décembre, à une représentation de cette pièce.
L'intérieur de l'opéra fait penser peu ou prou aux halls de transit de l'aéroport de Roissy. Autant dire que je n'ai pas traîné dans les couloirs et me suis empressée de gagner mon fauteuil. La salle a un malencontreux air de famille avec un hangar, froid, triste, dénudé. Les ors et les lustres baroques du splendide opéra de Vienne sont à des années-lumières. Le programme coûte une petite fortune: 10 EUR. Le vestiaire, chose appréciable, n'est pas obligatoire.
Entrée du Maître. Je suis toute émue de voir apparaître Seiji Ozawa, une figure emblématique de ma vie viennoise. Que ce soit au Bal du Philharmonique où j'ai fait à ses pieds ma grande révérence, au Bal de l'Opéra où nous avons discuté quelques instants, à l'opéra où j'ai eu la chance de le voir plusieurs diriger les musiciens du Philharmonique, Seiji Ozawa est le chef d'orchestre qui m'a le plus marquée. Il allie le talent à une personnalité hors du commun, débordant d'énergie et de sympathie. Il faut le voir titiller de ses mains frêles ses musiciens, les réveiller à petits mouvements secs et répétés, les inciter à se lever, à saluer, à bouger... Il vit la musique, et fait passer entre ses musiciens et lui un courant palpable. Ozawa à lui seul justifie que l'on se déplace.
Le rideau se lève sur un décor malencontreusement moderne. Certes, Christine Miélitz n'est pas passée par là. Cependant, la mise en scène était si moche que c'aurait pu être d'elle. J'avoue rester perplexe devant la déplorable obstination des metteur en scène modernes à mettre Wagner à la sauce douteuse du modernisme. La grandeur, la magie, le lyrisme d'une oeuvre telle que Lohengrin, le Hollandais, ou Tannhäuser s'accomodent fort mal de costumes de polyester.
Revenons à nos moutons. Le premier acte met en présence Vénus et Tannhäuser. On voit des formes sombres traverser la scène, barbouiller de peinture rouge des toiles sur lesquelles se roulent des danseurs, tellement agités de contorsions et de soubresauts qu'on se croirait dans une représentation d'Alain Platel. On frôle la partouze en ré mineur lancée par Miélitz dans Le Hollandais Volant, on n'évite pas le manque d'esthétisme ni le mauvais goût. Et on est hors sujet, puisque, si j'en crois mes lectures, Tannhäuser et ses compagnons sont chanteurs, et non pas peintres. Voir le héros de l'histoire barbouiller sans fin une toile, voir les personnages secondaires se rouler, en slip, dans la peinture rouge, a donc de quoi laisser perplexe. Vénus, quant à elle, est nue et ondule lascivement sur un matelas.
40 minutes d'entracte et le rideau s'ouvre sur un décor tristement banal, un hall d'exposition de peinture. Il y a des journalistes qui sautent au visage des invités, des flashes, et le tournoi de chant est mêlé d'un vernissage de tableaux. A noter que ce n'est pas le chant de Tannhäuser qui lui vaut la condamnation des bien-pensants, mais son tableau (or, sauf erreur de ma part, Tannhäuser n'est pas un peintre, et nous sommes censés avoir affaire à un tournoi de chant). Je suis à court d'épithètes pour qualifier tout le mal que je pense de la mise en scène et du décor. Le final est superbe, ceci dit, avec Vénus et Elisabeth toutes deux les cheveux dénoués, vêtues de longues robes blanches à traîne.
Au crédit de cet opéra il faut - outre la beauté de l'oeuvre, à laquelle la traduction approximative des paroles ne rend pas hommage - porter l'excellente acoustique de la salle, l'excellente qualité des voix et de la musique, et, bien sûr, le formidable talent d'Ozawa qui enlève littéralement la pièce. Le public, en outre, est plus démonstratif que le public viennois. Voir Ozawa saluer en fin de spectacle, tenant dans ses bras un père Noel lancé par un admirateur, vaut son pesant d'or, tant ce petit homme ébouriffé dégage de chaleur et de joie.
Tannhäuser sera joué à l'opéra Bastille les 27 et 30 décembre (Ozawa ne dirige pas). Places à partir de 5 EUR. www.operadeparis.fr
25 décembre 2007
Dans l'oeil de l'ange - Andrea Japp
Fouinant au hasard des rayonnages de la bibliothèque je suis tombée sur quelques romans d'Andrea Japp. Que j'ai tous dévorés, avec une passion jamais démentie.
Andrea Japp a une plume qui ne ressemble qu'à elle, mâtinée d'une once de Cornwell, dont elle est d'ailleurs la traductrice. Un style noir et sobre, des personnages marqués, et des femmes fortes: je ne me lasse jamais des intrigues de cet auteur qui plonge avec tant d'habileté sa plume dans la noirceur de l'âme, sans oublier pourtant de laisser venir la lumière.
Synopsis: afin de résoudre une série de meurtres dont les victimes sont liées à un laboratoire pharmaceutique, James Cagney fait appel à Gloria Parker-Simmons, mathématicienne de haute volée. Cet ouvrage vient clôturer une trilogie (cf: La parabole du tueur et Le sacrifice du papillon ) au cours de laquelle Cagney et Parker-Simmons ont noué des liens personnels tout autant que professionnels, et mêle habilement enquête policière et psychologie des personnages.
Ce roman-ci m'a particulièrement touché par son dénouement. J'avais oublié (j'ai la chance d'oublier le dénouement de la moitié - au moins - des livres que je lis, ce qui, vue la quantité industrielle de bouquins que je dévore, est une bénédiction pour mon portefeuille: je peux lire et relire le même bouquin une dizaine de fois sans que le plaisir ne soit diminué) la pirouette de la fin, qui ouvre dans l'enfer personnel de l'héroïne une porte sur l'espoir.
Une intrigue passionnante servie par une plume concise et sobre, de la noirceur dénuée de misérabilisme, de la chaleur et de la tendresse sans mièvrerie: un livre à dévorer sans hésitation.
Dans l'oeil de l'ange - Andrea Japp, LGF - Livre de Poche, à partir de 1,45 EUR en occasion chez Amazon
24 décembre 2007
Questionnaire autour de Noel - trouvé chez Nizzagirl
- Noël pour vous c'est quoi ?
Une fête de famille avec des enfants qui cavalent partout, un bon repas, l’apéro, des fruits de mer, un sapin et des cadeaux que l’on ouvre les uns après les autres en riant et en s’extasiant. De la chaleur, de la gourmandise, de jolis souvenirs.
- Noël pour vous c'est quand : le 24, le 25, tous les jours ?
Le 24 au soir pour le réveillon, le 25 pour la longue journée paresseuse (sauf cette année, je travaille).
- Noël, cette année, combien de fois ?
Une seule, le 24 décembre, toute seule. Opéra d’abord, messe de Noel, et dîner tardif chez moi (saumon, coquilles St-Jacques et foie gras fait par moi-même toute seule, ananas frais en dessert) avec un bon bouquin (le dernier Coben, et / ou le Clan des Butler). Le 25, je suis attendue au bureau à 11h30.
- Noël, avec qui ?
Avec le sexy, le fascinant, le délectable Rhett Butler (sur papier glacé), mes parents (par la pensée et san doute par téléphone aux alentours de minuit) et mon cher et tendre (vive le téléphone).
- Qui vous manquera ?
Ma famille, mon amoureux, mes chiens, et les macarons de chez Ladurée que je n'ai pas pu acheter hier (trop longue, la queue, beaucoup trop longue).
- De qui vous passeriez-vous ?
De pas mal de monde. :+) Et j'y réussis en général très bien.
- Noël, jamais sans... (complétez)
Un repas fin et des cadeaux ! D'ailleurs je me suis fait le mien hier.
- Noël où ?
A Paris.
- Quel est votre repas de Noël idéal ?
La famille réunie autour d'une grande table en bois ciré, avec un sapin qui clignote et des paquets emballés, des enfants qui piaillent et veulent goûter à tout. Foie gras, homard, saumon, huîtres gratinées faites par mon frère, bûche glacée ou omelette norvégienne, des dizaines de desserts dans lesquels piocher au hasard de la gourmandise.
- Noël, chez vous, c'est comment : listes ou non ? Surprises ? Abondance ou économie ? Plaisir ou ras le bol d'offrir ? Joie de recevoir ?
Cette année : égoiste ! Comme je suis toute seule, je vais me faire plaisir. Pas de liste, j'ai glané le cadeaux de chacun au hasard de mes balades, et le menu du dîner s'est imposé de lui-même. Je me suis un peu lâchée sur les courses, dépensant plus que d'habitude.
- Avez-vous cru au père noël ? Jusqu'à quel âge ?
Oui, je pense, mais je n’ai plus aucun détail en tête.
- Y croyez-vous encore ?
Oui, d'une certaine facon!
- Et vos enfants ?
Je vous dirai ca quand j'en aurai. :+) En tout cs, je ferai en sorte de les laisser y croire, car je trouve que c'est une bien jolie magie dont il serait dommage de les priver.
- Quel est le cadeau de Noël qui vous a émerveillé ? Et le cadeau le plus nul ? Le cadeau de Noël que vous garderez toujours ? Le cadeau que vous avez perdu ? Celui que vous avez cassé ? Le cadeau le plus chiant ? Le cadeau le plus amoureux ? Le cadeau le plus sexy ? Le cadeau le plus vexant ? Le cadeau que vous avez offert à quelqu'un d'autre après l'avoir reçu ?
Emerveillée ? Le collier de perles de ma mère, qu'elle m'a donné l'année où je suis devenue Débutante. Cinq rangs de perles d'un superbe orient, que je porte vec un plaisir toujours renouvelé. Le plus nul? Une montre (je n'aime pas les montres). Celui que je garderai toujours? Le fameux collier de perles. Celui que j'ai cassé? Le collier de perles (je me suis donc retrouvée à genoux sur le parquet ciré de la piste de danse, en corset et jupon de satin blanc, mon cavalier en frac, en train de ramasser les perles qui cascadaient joyeusement du premier des cinq rangs. Le remontage m'a coûté le yeux de la tête). Le plus chiant? La montre, sans doute. Le plus amoureux? Un ensemble de dessous en dentelle noire. Le plus sexy? Lesdits dessous. Le plus vexant? Une crème antiride :+) alors que j'avais à peine 26 ans. Celui que j'ai offert après l'avoir recu? Des chocolats. J'offre toujours les chocolats qu'on m'offre, car, si j'aime LE chocolat (en tablette), je n'apprécie pas du tout LES chocolats. Or, comme je suis gourmande, on m'en offre souvent...
- Celui que vous rêveriez que l'on vous fasse ?
Un appartement à moi, pour ne plus avoir de loyer à payer. Si possible donnant sur une cour intérieure, avec un grand balcon, une vraie grande cuisine, en plein coeur de Paris, calme, avec une belle vue sur la ville. :+). Et un bébé dodu (pas pour le manger, hein ? Pour ca j’en reste au foie gras).
19 décembre 2007
Ils sont vraiment c...
ou bien sont-ils payés pour faire semblant de l'être?
Un animateur ringard qui fait son come-back à la télévision sans que son style n'ait mûri depuis "Ciel mon mardi", qui lance des vannes douteuses en usant d'un vocabulaire à peine plus élaboré que celui d'un collégien de sixième - et largement plus grossier.
Une potiche blonde dévêtue d'une mini-jupe et de guêtres en fourrure qui ferait passer Sophie Favier pour un prix Nobel et Loanna pour Chantal Goya.
Des candidats qui rivalisent de cris, de gémissement, de geignements et de supplications toutes plus bébêtes les unes que les autres: "allez la roue, allez sois gentille, oh, pas la banqueroute, ooooooh, bouuuuuuh, c'est pas juste, nooooon".
C'est la nouvelle - et lamentable - formule de la Roue de la Fortune, diffusée sur TF1 à partir de 19h15.
Que les chaînes de télévision - comme de nombreux chanteurs et cinéastes - soient dépourvus d'imagination et de créativité au point de multiplier les reprises (de films, de chansons, d'émissions télévisées) c'est une chose. Pourquoi se croient-ils obligés de rater la copie au point qu'elle soit (hélas) encore plus nulle (souvent) que l'original?
13 décembre 2007
Il était une fois
Solitude d'un soir d'hiver (enfin, d'automne, mais vue la température polaire qui règne sur Paris en ce moment, je persiste et je signe: d'hiver). Pour vous récompenser de votre journée studieuse vous décidez de vous récompenser: cinéma au programme.
Chercher sur le Net quel film, et quelle séance.
Opter pour le "George V" dont vous aviez tellement aimé la salle rococo-baroque quand vous y étiez allée voir "l'âge d'or", le chef-d'oeuvre (de consternation) "romaindurisesque". Et pour le film qui commence dans 90 minutes, pile-poil le temps de souper sur le pouce et de foncer dans le RER: "Il était une fois".
Oui, vous êtes une inconditionnelle de dessins animés. D'ailleurs, vous regrettez encore d'avoir manqué "Happy Feet". vous êtes bien contente d'entrer dans une salle vide et, surtout, dépourvue de mômes.
Ce n'est pas que vous n'aimiez pas les mômes. Vous squattez honteusement ceux de vos copains et de votre amie Hélène, toujours prête à leur donner la becquée, le bain, à jouer avec eux, les câliner, jouer avec eux. Vous êtes fan de mini-humains.
Pas au cinéma. Ni dans le train. Et encore moins dans l'avion, depuis qu'une insupportable petite fille vous a claironné "beueueue-aaaaaaah" dans l'oreille alors que roupilliez tranquilllement sur le Vienne-Paris.
Aucun enfant, donc. Par contre, à côté de vous, un trio d'adultes bavards comme des pies borgnes. Vous remarquez que, plus les gens ont des conneries à dire, plus ils les disent fort.
25 minutes de pub, entrecoupés de deux extraits de film. Vous envisagez de bombarder l'écran avec les Mozartkugeln glissées au fond de votre sac avant de partir.
Enfin, le film. Qui commence comme un conte traditionnel, avec le livre s'ouvrant sur "Il était une fois". Clins d'oeils à Cendrillon, à Blanche-Neige (si le Prince est beau à croquer, la princesse en revanche a les traits un peu trop "modernes" à mon goût, on est loin de la ravissante Aurore), et hop... On bascule dans la vraie vie.
Alors c'est lui, le "Docteur Mamour" qui fait rêver toutes les fans de "Grey's anatomy". Aie... il est sexy à acheter l'intégrale de la série en DVDs, c'est vrai. La princesse est délicieusement naïve et décalée, la petite fille à croquer, le prince idiot à souhait, l'écureuil parfaiement drôle et croquignolet... Les chansons (en VO) sont fidèles à la plus pure tradition des contes de fées, amusantes, gaies, bien chantées, avec une version "salsa" enlevée et très amusante.
Sortir du film à regret, la tête pleine de paillettes, avec l'envie de chanter gaiement "a ahaha a ah ah" et de sautiller sur les Champs-Elysées et un sourire qui dure jusqu'au lendemain.
Prolonger la magie en descendant les Champs illuminés, dans l'air pur et froid qui rosit les joues. Un détour par le Séphora - musique techno, gogo-danseuse en corset - où une charmante hôtesse de caisse s'occupe de vous avec sourire et compétence (cherchez Nathalie, si vous allez faire vos courses beauté là-bas, elle est parfaite dans son rôle). Un retour au nid pour se glisser dans un lit tendu de draps de flanelle tout propres qui sentent bon la lessive. Et faire de beaux rêves!