29 février 2008
Jumper
Pour une fois la critique avait raison. Enfin; la critique qui disait que le film était une daube joyeusement daubée, pas la critique disant que c'était un film sympa permettant de passer un agréable moment.
Synopsis: un jeune homme a le pouvoir de se téléporter. Il vole de l'argent dans les banques pour gagner sa vie, et flâne à travers le monde le reste du temps. Un jour, il manque se faire tuer par un Paladin (les Paladins étant les ennemis des Jumpers) et découvre - ô surprise - qu'il y a d'autres Jumpers dans le monde. Il fait équipe avec un autre Jumper pour éliminer le plus dangeureux des Paladins.
Mmm... Comment dire? Disons que dans son genre, ce film était aussi barbant que Cloverfield. Hayden Christensen en plus, mais passé les premières images, il perd de son charme. La jolie Rachel Bilson fait un peu tarte. Morgan Freeman avec les cheveux blancs semble s'être perdu là par hasard (son agent a voulu lui faire une mauvaise blague en l'envoyant tourner dans ce navet?).
Le côté réjouissant du film réside dans les très belles images (Egypte, Australie, Tibet, etc) et un peu (un tout petit peu) dans la jolie petite gueule d'amour du personnage principal (dont la fadeur ternit vite l'éclat, hein).
Bref... Sauf si vous voulez amortir à tout prix votre passe UGC, oubliez ce film.
27 février 2008
Taguée!
Taguée? Taguée. Quand Venise et Fée s’y mettent, ca donne...
Six petites manies qui égayent mes jours…
Je parle aux objets. A mon orchidée pour qu’elle cesse de faire tomber ses feuilles, à l’ordinateur pour qu’il se décide à avancer, à la pâte à pain pour qu’elle lève bien…
Je lis toujours avant de m’endormir. Même si ce n’est qu’une seule page et que je tombe de sommeil après une longue nuit de bal et un petit déjeuner. D’ailleurs, j’ai toujours de la lecture sur moi. Je suis capable d’acheter un bouquin ou une revue pour faire le trajet bureau-maison en RER si je n’ai plus rien à bouquiner.
Je lis et relis les bouquins, plusieurs dizaines de fois pour certains. Mais jamais ceux en langue étrangère.
J’adore cuisiner dans ma vieille cocotte Le Creuset. Tout y passe : ragoûts, compotes, je tiens à cette cocotte comme un bébé à son hochet. Elle date de ma grand-mère, son revêtement est écaillé, son cul noir comme un conduit de cheminée, je lui cherche une remplaçante (aux puces, parce qu’au BHV, c’est trop cher), mais en attendant, je m’obstine à cuisiner dans ma cocotte.
Je pense et je rêve indifféremment en français et en allemand. Il m’arrive même de parler allemand à un collègue me parlant anglais ou francais.
Je fais mon lit tous les matins. Ma chambre est peut-être le seul endroit parfaitement en ordre de ma maison, mais je n’y déroge jamais.
Et six petits riens à savoir… ou pas
Je ne suis pas écolo pour deux sous, mais très branchée remèdes de grand-mère, huiles essentielles, vinaigre blanc pour nettoyer, transports en commun, chasse aux lumières allumées, couches lavables (enfin, en théorie) et baume du tigre.
Je vais au marché parce que je n’aime pas les légumes ni les fruits du supermarché. J’adore papoter poireaux et citrouille avec la maraîchère ou les clients dans la queue.
Je dévore les bouquins de puériculture et le site de la Leche League est dans mes favoris, je suis incollable sur le soin de bébés, l’allaitement, les couches lavables et sommeil partagé, j’ai 1001 principes concernant les bébés, l’accouchement et l’éducation… Mais je n’ai pas d’enfant, ni la perspective d’en avoir prochainement. C’est un centre d’intérêt, comme d’autres sont abonnés à Rustica alors qu’ils n’ont pas de jardin (ca doit bien exister, non ?).
Je ne sais pas lire un plan ni une carte, et suis capable de me perdre avec un mappy. La dernière fois que j’ai conduit avec le GPS, j’ai failli mordre le nez de l’Homme tellement le GPS et lui me tapaient en choeur sur le système. Alors, quand je voyage, j’apprends à dire « bonjour » et « au revoir » dans la langue du pays, puis « pardon Monsieur / Madame, la rue Machin s’il vous plaît » ? En russe, en tchèque, en grec, en arabe… Tout plutôt que de lire une carte.
J’aime lécher le saladier ou la cuillère en bois quand quelqu’un fait de la pâte à crêpes ou à gâteaux. Miam, la pâte crue…
Je pique de la viande crue quand il y a de la cuisine en préparation. Bœuf, lardons, saucisse… Mais pas de volaille ni d’agneau. Quand l’Homme a préparé un plat asiatique et que la viande était salée, poivrée et sucrée, j’ai regretté ma gourmandise.
A qui le tour?
25 février 2008
Poulet confit à la bière
"Ce soir je fais des endives au jambon."
Finalement, ca a été du poulet confit à la bière.
Farfouinant dans mon frigo à la recherche desdites endives je tombe sur les pilons de poulet achetés pour la soupe de jeudi soir. Soupe que je n'ai pas eu le temps de faire. Or, en ce samedi matin ensoleillé, j'ai envie de tout, sauf d'une soupe.
La DLC du poulet étant le lendemain, exit les endives, il fallait cuire le poulet. Je pars donc sur une recette de poule au pot, me disant qu'après un repas de poulet, je mixerais le reste pour avoir une soupe.
Farfouinant dans le frigo à la recherche des carottes je tombe sur les endives. Un joi kilo d'endives dodues et bien blanches, qui me font fort envie. Hop donc, les endives. Ah, et puis il y a cette botte de persil qu'il est urgent de consommer... Ah, et la bouteille de bière entamée pour la pâte à crêpes, il faut la finir... Bricolons, improvisons...
Ingrédients
*un poulet découpé (ou bien des découpes de poulet, qui vous permettront d'avoir un plat moins cher)
*des lardons (100 g environ)
*3-4 gousses d'ail, un oignon, une poignée de persil
*de la bière
*une CS de farine (blanche, ou complète , de blé ou de n'importe quelle autre céréale)
*des carottes et des endives
Préparation (10 minutes, une heure de cuisson minimum)
*faire fondre les lardons dans une cocotte
*ajouter l'ail, l'oignon et le persil hachés, faire revenir
*ajouter le poulet, faire dorer
*saupoudrer de farine et remuer
*déglacer à la bière
*ajouter les légumes émincés
*couvrir largement de bière (la sauce va épaissir considérablement)
*assaisonner (clous de girofle, muscade, laurier, poivre. Le sel est facultatif, les lardons étant déjà salés et le plat, riche en goût).
*laisse rmijoter à feu doux. Une heures, ou deux, ou trois, comme vous le voulez (ou le temps que durera votre sieste, la mienne fut à rallonge).
On obtiendra une viande moelleuse et fondante, riche en goût, et des légumes confits dans leur jus. A savourer avec un riz blanc, ou tel quel (on peut rajouter des pommes de terre à la recette si on souhaite servir le plat sans riz). C'est encore meilleur réchauffé, le lendemain.
21 février 2008
Fantômes nocturnes
Une respiration un peu rapide, hachée, qui n'est plus celle d'une personne endormie. Une sensation de tension qui vous tire de votre sommeil. Tirée de vos rêves vous vous tournez vers l'Homme:
"Qu'est-ce que tu as?"
L'homme de grogner:
"Moi? Je n'ai rien.
-Pourquoi tu ne dors pas?
-Hein? Mais je dors!"
Pause. Les frottements du drap ne correspondent pas à la respiration de l'Homme. Vous lui demandez:
"Nous sommes seuls, dans le lit?"
Là, vous lisez littéralement dans ses pensées... Il meurt d'envie de vous demander si vous avez de la fièvre, ou si vous avez biberonné en douce la bouteille de cognac:
"Evidemment, nous sommes seuls."
Pause. Et puis il apercoit le petit fantôme nocturne cause de tout ce tracas, qui est venu se blottir en douce sous la couette et qu'il faut maintenant convaincre de retourner dans son propre lit.
19 février 2008
Exposition "Perles" - Musée d'Histoire Naturelle de Paris
Agréable surprise que la découverte du MHN, à quelques pas de la gare d'Austerlitz. Plaisir de marcher dans les grandes allées baignées de soleil, plaisir de respirer un grand bol d'air et de savourer le calme (tout relatif, il y a pas mal de monde) de ce coin de campagne en plein Paris.
Il est fort agréable de découvrir les charmes parisiens en compagnie de quelqu'un qui connaît le sujet sur le bout des doigts: en l'occurrence Gabi, ex-Viennoise et parisienne d'adoption, guide-interprète, qui racontait l'histoire du Jardin des Plantes et de sa ménagerie.
Passé le mammouth de l'entrée, passé le jardin qui n'est pas sans rappeler le Burggarten viennois, nous voici dans la galerie de l'Evolution pour découvrir l'exposition temporaire sur les perles.
Déception n°1: alors qu'il est cinq heures dix et que l'exposition ferme à six heurex, on ne nous laisse pas entrer tout de suite. Pourtant, on nous a vendu nos tickets sans nous préciser qu'il y avait de l'attente avant d'entrer dans l'exposition.
Déception n°2: l'exposition est brouillonne, on ne sait pas vraiment où trouver quoi, ni dans quel sens se diriger. L'éclairage est pauvre (probablement pour ne pas abîmer les perles, mais c'est désagréable de devoir coller le nez aux étiquettes pour les lire). Les étiquettes sont alignées côte à côte sans qu'il soit toujours possible de savoir de quelle perle ou de que bijou ladite étiquette est le descriptif. Enfin, il n'y a rien sur la taille, le polissage, le sertissage des perles. Des panneaux annoncent dans chaque section la provenance des perles exposées et en font un bref historique.
Déception n°3: il est 17h45 à peine quand le personnel du MHN commence à circuler dans les salles en ordonnant d'évacuer les lieux. Quand des visiteurs objectent qu'il est moins le quart, la réponse est péremptoire: "le temps que vous sortiez il sera six heures, dépêchez-vous". Si l'exposition se tenait sur 3 étages, je veux bien, là, je trouve la facon de faire vraiment abusive. Et le service client, nul. Pas un sourire, pas un mot aimable, uniquement des injonctions brèves et coupantes "on évacue les salles, l'exposition va fermer, allez, on évacue".
Quelques points forts: quelques-uns des plus grosses perles du monde (baroques, poires, etc) sont exposées, dont la perle Centaure. Un très beau globe terrestre en or et perles, ainsi qu'une superbe robe Chanel et de magnifiques bijoux signés Van Cleef et Arpels, méritent le coup d'oeil.
Cette exposition que j'attendais avec beaucoup d'impatience me laisse donc une impression décevante. Le plaisir d'avoir vu de très belles perles, d'avoir appris la différence entre les perles baroques, poires, de clams, de moules, etc... est largement tempéré par l'impression générale de médiocrité et d'indifférence au client laissée par l'organisation et le personnel d'accueil. Il est dommage qu'une exposition ayant mobilisé tant de moyens (collaboration avec des musées étrangers, prêts de bijoux par des personnalités, de grands bijoutiers et couturiers) soit bâclée.
Après la visite, n'hésitez pas à sortir rue Geoffroy Saint-Hilaire, pour déguster un thé à la menthe et d'excellentes cornes de gazelle dans le patio de la Grande Mosquée de Paris.
Exposition "Perles, une histoire naturelle", jusqu'au 10 mars. Entrée: 8 EUR, tarif réduit: 6 EUR. www.mnhn.fr/perles
14 février 2008
Que venez-vous faire dans mes rêves...
Marie-Claude Pietragalla?
Vous étiez assise là, à cette table de café. Teint clair et voix posée, sourire léger, calme serein. Vous avez parlé de vos amours, de votre philosophie de la vie. Nous avons ri et bavardé, vous avez confié à une adolescente inconnue et pourtant attablée avec nous vos rires et vos doutes. Confiante, légère, vous incarniez l'optimisme, empreint sans en être tempéré d'une gaie maturité. Que faisiez-vous là? Je ne vous connais pas - ou si peu, à travers un reportage télévisé ou un article de magazine. Pourquoi vous?
Curieux caprices que ceux des mes rêves, qui décident chaque soir de vivre leur propre vie, me laissant spectatrice de leurs fantaisies, et actrice d'une seconde vie parallèle à la mienne. Détours fantaisistes sur lesquels je n'ai aucun contrôle, qui me font souvent de très beaux cadeaux: diriger l'orchestre philharmonique de Vienne, voler, allaiter un bébé, baigner mon enfant - Louis, un charmant poupon à la peau dorée; croiser le Commandeur dont je sais pourtant qu'il est au bout du monde pour plusieurs mois, aller au Bal des Débutantes... Couleurs, odeurs, sensations physiques d'une troublante réalité sont au rendez-vous. Et quand vient le moment du réveil, c'est comme si j'abandonnais un monde pour me glisser dans un autre.
13 février 2008
Strudel rate son pain
Avec moi le pain, c'est infaillible: je le rate.
Je fais mon propre mélange (en suivant scrupuleusement la recette quant aux proportions): la pâte lève, le pain gonfle, et paf, retombe lamentablement que la cote de popularité de Kate après sniffage de cocaine.
J'achète un mélange "spécial machine à pain", j'ajoute l'eau, je choisis le programme "pain complet" (puisque j'emploie de la farine complète), je lance la machine le soir pour avoir un pain tout frais le matin - et épater mon beau-père de passage à la maison - et...
Et ce foutu pain n'est pas cuit. Obligé de passer chaque tranche au grille-pain pour pouvoir le manger quand même.
J'achète un autre mélange (bio), je sale (moins que prévu sinon je trouve ca immangeable), je choisis le programme le plus long (et surtout pas le programme "pain complet" même si c'est de la farine complète), ca pétrit, ca gonfle, ca cuit... Et paf, ca retombe, toujours comme la cote de popularité de Kate, etc. En plus l'Homme gratifie mon pain de "pas fameux".
Nouvel essai, avec un mélange tout prêt: vlan, je rechoisis le programme "pain complet". Sauf que cette fois, voyant que le pain n'est pas cuit, je le laisse dans sa machine et je programme "cuisson". Hop, on repart pour une heure.
Et bien, non: le pain n'est toujours pas cuit. Je le mets donc au four: il refusera aussi obstinément de cuire que Britney d'arrêter de boire, et je me retrouve de nouveau avec un truc doté d'une croûte magnifique, dorée à souhait, et obstinément cru à l'intérieur.
Je mets ma machine sur e-bay et je retrouve le chemin de la boulangerie, ou quelqu'un a THE truc magique pour que j'arrive enfin à avoir un pain au moins aussi potable que celui du Franprix?
12 février 2008
Une toute petite - merci à l'Insupportable
Avec une pensée pour Delphine, qui j'en suis sûre le prendra avec l'humour qui la caractérise.
Quelle est la différence entre Sébastien Loeb et Nicolas Sarkozy ?
Sébastien a été le premier à Monte Carlo, alors que Nicolas est le dernier à monter Carla.
11 février 2008
John Rambo
Après "Rocky Balboa" Sylvester Stallone nous offre "John Rambo". Une facon de boucler la boucle afin que personne après lui ne reprenne ses personnages phares?
J'avais adoré "Rocky Balboa", "John Rambo" m'a fait frémir, trembler, et fermer les yeux. D'angoisse. Le film s'ouvre sur la fusillade des moines boudhites en Birmanie, avec des effets spéciaux tellement bien faits qu'on a l'impression de voir les balles siffler dans la salle.
Comme pour "Rocky" j'ai trouvé qu'on avait là le film de la maturité, marquant de facon irrévocable la fin du cycle Rambo.
La violence est omniprésente et d'un réalisme très dérangeant, une violence qui laisse les muscles tendus et la respiration serrée. Les scènes d'action s'enchaînent à un rythme haletant, ne laissant aucun répit, et la fin arrive beaucoup trop vite - le film a pourtant duré plus d'une heure trente.
Sans s'apesantir dans de longues réflexions pseudo-philosophiques, le film ouvre la réflexion entre idéalisme et réalité. Voir que l'obstination d'un groupe d'Occidentaux bien intentionnés débouche sur un carnage, réfléchir sur l'interventionnisme angélique de missionnaires venus apporter des livres... Le doublage ne rend pas justice aux (rares) dialogues, qui apparaissent parfois trop grandiloquents.
Et la fin, sobre, tendre, dépouillée, surprenante, synonyme d'apaisement.
Un film réussi, très violent cependant, à déconseiller à mon avis aux moins de 16 ans (la consigne officielle étant "interdit aux moins de 12 ans").
09 février 2008
Cloverfield
Ce qui est intéressant avec Thibault, c'est qu'il me propose toujours d'aller voir des films que, seule, je n'aurais jamais (mais alors, jamais) pensé à aller voir.
C'est ainsi que je me suis coltiné "Alien VS Predator", que j'ai vu pour la première fois l'effrayant faciès de Freddy dans "Freddy contre Jason", que j'ai labouré son bras de mes ongles (bien fait) au cours du visionnage de "Dark Water" (la version japonaise originale) ou que j'ai joyeusement rigolé devant "Joyeuses funérailles".
Challenger de poids dans la course à l'ocar du navet cinématographique, Cloverfield réusit l'exploit d'être bruyant, ennuyeux, avec des dialogues qui feraient passer Christophe Dechavanne pour un intellectuel et une mise en scène qui brille par son abence. Ajoutez à cela un tournage en caméra subjective (traduire: un des personnages se balade avec sa caméra à l'épaule, l'image tremble, saute, tournicote à donner la nausée, on se croirait dans "le projet Blairwitch"), un volume sonore qui m'a contrainte à passer la moitié du film les doigts enfoncés dans mes oreilles (propres, mes oreilles), et un monstre ressemblant à Godzilla à qui on aurait greffé une tête de doberman et des ailettes de dragon du Komodo.
Le pitch: un monstre détruit Manhattan.
Un film à éviter, à fuir, à oublier... On ne peut même pas s'endormir devant, puisque les protagonistes passent leur temps à crier "oh my god oh my god oh my god".