02 juillet 2008
Pique-nique au Parc de la Villette
Prise dans le rythme effréné de la vie parisienne j'avais oublié de chercher les moments entre parenthèses offert par "la plus belle ville du monde".
C'est à l'occasion d'une invitation à un pique-nique que j'ai découvert la quiétude du parc de la Villette.
Une fontaine cascadante, un chemin pavé sous des arbres un peu rabougris, et une vaste pelouse qui s'étire le long du canal de l'Ourq. Un couple ici, une grappe d'enfants là, des joueurs de frisbees, un chien curieux. Une musique discrète émanant de cà ou de là, le soleil de la fin du jour, l'air chaud qui enveloppe des épaules dénudées.
Une fillette qui souffle des bulles de savon en direction de quatre ou cinq bambins qui trottinent et sautillent en riant, essayant d'attraper ces jolies sphères irisées qui dansent dans l'air. Des rires comme un baume sur une journée à vif, des rires contre les cartes bleues avalées et les grèves de RER, des rires qui font sourire et rendent la joie contagieuse.
L'arrivée d'une jeune femme enjouée "Bonjour Strudel, je suis Patou", deux inconnues qui se retrouvent autour de quelques gourmandises et font connaissance, la conversation qui s'enchaîne, sans effort. Sourires et bavardages légers, "bonsoir, je suis G.", polo Paul Smith et un peu de stress, puis "bonsoir, moi c'est S.", sourire brillant et sac MacDo. Quatre inconnus font connaissance, échangent. Dans une ville trop grande et trop rapide, un instant de pause. Dans une ville où lier connaissance est d'abord une gageure, où les collègues de bureau sont la majeure partie des êtres que vous connaissez, dans une ville où vous vous sentez Robinson, un arrêt sur image, une réconciliation.
20 janvier 2008
Heureuse surprise
La semaine passée, Daniel Buren a déclaré dans la presse que si l'Etat continuait à négliger d'entretenir les vilaines précieuses colonnes dont il a défiguré orné la cour d'honneur du Palais , il allait les enlever.
Chiche!
Monsieur Buren, voulez-vous de l'aide? Ce serait pour moi un plaisir sans mélange que d'abattre à la masse ces hideuses masses de béton dont la robe rayée me rappelle furieusement l'uniforme des Daltons (la couleur jaune en moins). Je le ferai gratuitement. Et avec le sourire.
Alors, on s'y met quand?
26 septembre 2007
Au pied des tours de Notre-Dame
Minuit sonne dans la nuit froide. Notre-Dame illuminée, le jongleur qui éteint ses boules de feu, son numéro est terminé.
Quelques accords de guitare qui s'élancent le long des murs blancs, résonnant dans l'obscure fraîcheur de la dernière nuit de l'été. Quelques accords d'une chanson que fredonnait ma mère, quelques accords qui me donnent envie de m'asseoir et d'écouter.
Juchée sur une borne de pierre, les jambes pendantes comme celle d'une gamine grimpée sur un tabouret trop haut, j'écoute. Emotions mêlées d'une musique familière et belle, de la beauté d'une cathédrale plusieurs fois centenaire, d'une peine sourde teintée de résignation. Le musicien est courbé sur son instrument, il joue pour lui, offrant à ceux qui veulent bien l'entendre un moment de beauté simple et pure. Il ne pose pas, il ne fait pas la manche, il joue, avec amour et simplicité.
Les larmes roulent, tranquilles et tièdes. Des larmes qui murmurent que mon coeur revient à lui, des larmes qui me disent que j'apprendrai à vivre sans l'espoir de lui. Un premier pas vers demain.
Et puis c'est le froid qui finit par engourdir mes jambes, c'est une pièce dans l'étui de la guitare, un "merci" murmuré à cet homme qui fait naître une impalpable magie.
C'est un homme dont les yeux croisent les miens et sourit à mes larmes, "c'est nostalgique, hein?" avant de s'éloigner.
Ce sont les premières notes du "Métèque" qui me retiennent là, à demi partie. Une chanson, et une autre encore, et encore.
Et puis il fait vraiment trop froid, et je tourne enfin le dos à Notre-Dame et au musicien. Ce sont encore les yeux de l'homme qui croisent les miens, "Vous partez déjà", un hochement de tête et un murmure, "j'ai froid".
Ce sont les Quais qui défilent tandis que je remonte vers Bastille, c'est une voix soudain sur mon épaule, ce sont les yeux de l'inconnu de Notre-Dame, il dit qu'il aimerait me revoir.
C'est son sourire et sa gentillesse qui me font de nouveau fondre en larmes, le coeur à fleur de peau. Il sourit, il parle gentiment, et me fait rire, malgré tout.
C'est parce que je trouve qu'il faut une jolie dose de courage pour aborder ainsi quelqu'un, de la compassion pour passer au-delà d'un chagrin, et parce qu'il avait l'air bon, que j'ai accepté de noter son numéro. Et c'est pour tout cela à la fois que, je crois, je l'appellerai.
21 août 2007
De Nation à Bastille
C'est un jour couleur de Bretagne, un jour de bruine et de silence. C'est un jour de coin du feu et de broderie fine, un jour de chat couché sur vos genoux. Un jour de tartines et de chocolat chaud.
Sans coin du feu ni chat ni broderie, tenaillée par l'envie de découvrir un peu le quartier où j'ai posé mes valises, je suis partie flâner, le nez au vent, sous mon parapluie rose.
Boulevard Voltaire vers la droite, et non pas vers la gauche comme j'ai l'habitude le prendre pour aller attraper le RER à Nation. Enfer et bonne surprise, c'est une boutique de scrap que j'ai au coin de la rue! A visiter au plus vite.
Un peu plus loin je croise... Allons, pas l'homme de ma vie, mais le prince de l'espace qui avait accroché un temps mon coeur de petite fille (en guise de berceuse je demandais à Mamaman de me chanter "accours vers nous Prince de l'Espace... etc").
J'en profite pour dire à Thibault, fan de manga, qu'il y a un salon du manga les 27 et 28 octobre, les billets sont déjà en pré-vente.
Rue de la Roquette, à gauche. Je m'attendais presque à voir des salades pousser entre les pavés de cette longue rue au nom charmant, je rencontrais une boutique bio et des dames bien mises qui sortaient de la messe. La remontée de la rue fut ponctuée des tonitruants reniflements d'un monsieur qui visiblement n'a jamais lu les oeuvres de la Baronne.
Tiens, la rue de Lappes. Oh oh, ce nom me semble familier.. Mais oui, mais oui, c'est là que se cache...
Oui, le fameux, le mythique, le Balajo. Le Balajo dont BCP parle avec des étoiles dans la voix: "Ah ma fille, ils dansent, les mecs, c'est du sérieux. "
Alors, c'est là. Je regarde les horaires: mercredi c'est rock, jeudi c'est latino, dimanche c'est matinée musette, et un dimanche soir par moi c'est le tango bal. Je vais y faire un saut mercredi, pour repérer le terrain et peut-être, peut-être, danser un peu, si je trouve un cavalier. Et c'est décidé, dès que Thibault et Gabi rentrent de vacances, je bouge mon ancien cavalier pour qu'on aille danser!
Suite de la balade jusqu'à Bastille. Une grande place, vaste et aérée, ornée d'une grande colonne. Où partent les avenues qui naissent ici? Un prochain sujet d'exploration en perspective.
En attendant et Bastille oblige, je me rapproche de l'opéra. Pour voir les tarifs (ca va), le programme (pauvre, pauvre). Plus près, encore plus près, car, le nez sur les détails, on ne oublie de contempler l'ensemble.
Et croyez-moi, l'ensemble, il vaut mieux oublier de le contempler.
J'avais entendu dire que c'était laid. En fait, c'est atroce. Si atroce que ca aurait pu être bâti sur une idée de Christine Mielitz. (cf. le billet "Lohengrin" sur mon ancien blog: viennoiseries.over-blog.com, moi je vais chercher le code HTML pour faire les liens actifs).
Amortissement de ma carte UGC oblige je remonte la rue de Lyon vers l'UGC Bastille. Au bout de la rue trône la Gare de Lyon, élégante et majestueuse. Dommage que l'architecte qui a commis l'opéra ne soit pas un peu inspiré de ce beau bâtiment.
Après avoir vu le dernier Chabrol (qui fera l'objet d'un prochain billet) c'est à pied que je suis remontée, le long du boulevard Diderot, de la Gare de Lyon à Nation.
Le boulevard Diderot qui présente le remarquable intérêt de n'avoir absolument aucun intérêt. C'est une longue avenue ennuyeuse et morose, dénuée de charme, de gaieté, de couleurs. Aucune boutique, aucun joli coup d'oeil pour en ponctuer la morosité - hormis le beau portail ancien de la caserne des pompiers, mais puisqu'aucune fesse de pompier musclé n'est visible de la rue, je persiste et signe, le boulevard Diderot n'a pas le moindre intérêt.
Retour au nid, un peu mouillée, un peu frissonnante: c'est un moment à crumble et à infusion devant la télé, au chaud sous un plaid.



