08 avril 2008
La demi-pensionnaire - Didier Van Cauwelaert
Poésie, tendresse et douceurs, on retrouve dans cette histoire d'amour un peu surréaliste et doucement foldingue un je-ne-sais quoi du "E=MC2" de Patrick Cauvin.
Des personnages ordinaires et attachants, une rencontre décalée, beaucoup d'humour et une fin heureuse, de jolis ingrédients pour un conte moderne à savourer par un après-midi de chien.
Synopsis: la vieille Edmée demande à Thomas, réceptionniste à la SACEM, de se faire passer pour le fiancé mort de sa fille dépressive, afin de rendre sa joie de vivre à celle-ci. Thomas accepte de jouer le jeu et rencontre Hélène, pas dépressive pour un sou, qui, de son côté, joue le jeu de la vieille dame par amour pour cette dernière.
Une scène d'amour délicieusement drolatique sera l'occasion pour Thomas de tomber amoureux d'Hélène, point de départ d'une relation tendre, pleine d'humour et de joliesse sans mièvrerie.
La demi-pensionnaire - Didier Van Cauwelaert, Le Livre de Poche, 219 pages.
13 mars 2008
Petites embrouilles et pieux mensonges - Elizabeth Young
Un petit morceau de chick-lit, ou "littérature pour poulettes", en bon francais.
En résumé: harcelée par sa mère qui désespère de la voir rester célibataire, Sophy s'invente un petit ami bien sous tout rapport. Le jour où elle est "contrainte" de présenter ledit petit ami à sa mère, Sophy engage un escort-boy. Les mensonges s'accumulent.
Sans atteindre la verve jubilatoire d'Agathe Hochberg (Ce crétin de prince charmant), sans donner à son personnage la dimension canaille et attachant de Brudget Jones, Elizabeth Young propose une amusante bluette sympathique et distrayante, qui permettra à toute fille souffrant d'un déficit chronique ou passager de bonne humeur de se changer les idées sans forcément liquider la plaquette de chocolat. Un roman sans prétention, vite lu, à emprunter de préférence à la biliothèque (parce que pour 18,5 €, on peut largement avoir mieux). Idéal pour un trajet en train ou une fin de week-end.
Petites embrouilles et pieux mensonges - Elizabeth Young, Editions Plon, 337 pages, 18,50 €
11 mars 2008
Le registre des morts - Patricia Cornwell
On retrouve dans le dernier opus de Patricia Cornwell le quatuor Scarpetta, Wesley, Farinelli et Marino. Invitée surprise, Marylin Self, avec qui Scarpetta avait déjà eu maille à partir dans un précédent roman.
Le style de Patricia Cornwell devient encore plus épuré, froid, neutre envers ses personnages, quasi-masculin. Comme Elisabeth George, Patricia Cornwell n'est pas tendre avec ses héros, les laissant se débattre dans des situations douloureuses et se blesser mutuellement.
En résumé: Installée à Charleston, Kay Scarpetta dirige son propre laboratoire privé d'anatomopathologie, aidée de sa nièce Lucy, de l'ex-policier Pete Marino, et de sa secrétaire de toujours, Rose. Après la demande en mariage de Benton Wesley, Pete Marino perd les pédales, faille dans laquelle s'engouffre la psychiatre Marylin Self pour le manipuler et nuire à Scarpetta. S'y mêlent l'enquête sur un tueur en série surnommé "le marchand de sable", à laquelle participent Wesley et Scarpetta, la mort d'un enfant anonyme que nulle famille ne réclame et les amours de Rose, pour nouer une intrigue un peu compliquée aux rebondissements parfois hachés.
Un thriller bien mené par un maître en la matière, qui n'atteint cependant pas l'haletante perfection d'autre romans du même auteur. L'ambiance est noire et dépouillée, servie par un ton sobre, masculin, qui ne sombre pas, au contraire du dernier Grangé par exemple, dans l'accumulation de détails sanglants plus répugnants les uns que les autres.
Le style de Cornwell rappelle celui des romans criminels d'Andrea Japp (sa traductrice). J'ai pris plaisir à retrouver dans ce livre mes personnages "cornwelliens" favoris, la fin du roman laissant présager de nouveaux rebondissements, de nouvelles évolutions dans la psychologie des personnages. A lire sans hésiter.
Le registre des morts - Patricia Cornwell, Editions des Deux Terres, 468 pages, 22,50 €.
30 janvier 2008
Charleston - Alexandra Ripley
Séduite malgré mes réticences premières par la suite magistrale qu'elle avait donné à "Autant en emporte le vent", mon livre de chevet, j'ai lu avec un plaisir renouvelé les différents romans d'Alexandra Ripley.
Dans "Charleston", elle raconte la Reconstruction vécue par la ville où avait éclaté la guerre de Sécession. J'ai aimé y retrouver des personnages croisés dans "Scarlett": Sally et Miles Brewton, Emma et Josiah Anson, Manigo (qui n'est pas, ici, le serviteur d'Eleanor Butler, mais celui des Anson), Julia Ashley et sa plantation de la Baronnie, le bal de la Sainte-Cécile...
Une histoire de famille(s) où j'ai retrouvé l'ambiance de la bonne socété viennoise, avec ses rites et ses faiblesses. Une histoire simple et facile, de gaieté et de petites tragédies mêlées, racontée avec indulgence et tendresse. Si l'on ne retrouve pas les Butler, pas de personnages hauts en couleurs au caractère inoubliable, on dégustera avec plaisir ce roman chocolat au lait, qui accompagnera fort bien une journée pluvieuse au coin du feu.
Charleston, Alexandra Ripley, Editions Belfond, 412 pages
24 janvier 2008
Tom est mort - Marie Darrieusseq
C'est le petit scandale typiquement germanopratin qui a entouré la sortie des bouquins de Mazarine P. et de Marie D. qui m'a conduite à prendre ce bouquin sur l'étagère des nouveautés à la bibliothèque. Le point de vue que je livre sur cet ouvrage ne doit pas être compris comme une négation du deuil de l'auteur (laquelle, si j'ai bien compris, a réellement vécu cette tragédie, et parle ici de sa propre expérience). Je reconnais en outre bien volontiers n'être sans doute pas la mieux placée pour juger, n'ayant pas vécu ce drame et ne pouvant pas imaginer réellement la douleur et l'effondrement de ceux qui y sont confrontés.
Synopsis: une mère raconte la perte de son enfant.
J'ai refermé le livre avec un curieux sentiment d'agacement et d'impatiente irritation. Peut-être parce que je n'ai pas vécu ce drame, j'ai du mal à faire preuve d'empathie face à ce récit que j'ai trouvé, finalement, profondément égoiste. Si on peut respecter la sincérité sans fards de l'héroïne, j'ai trouvé le nombrilisme du récit ennuyeux. Nulle trace de compassion pour son mari ou ses enfants, nulle mention d'un partage de la douleur, du travail de deuil, une quasi-indifférence face à ses deux autres enfants et à son époux. Je n'ai trouvé dans ce livre aucune trace d'espoir, aucun germe d'avenir et de reconstruction, aucune compassion pour la douleur de ses proches. J'ai refermé l'ouvrage avec une impression de stérilité. Le style du récit lui-même est sec, froid, détaché; comme si le personnage était spectateur de sa propre histoire. C'est à la dernière ligne, comme un coup de théâtre au goût artificiel, que l'on apprend comment Tom est mort.
Par ailleurs, bien que n'ayant pas lu le roman de Mazarine P., j'ai maintenant un peu de mal à comprendre l'emportement de Marie Darrieusseq face à l'histoire imaginée par l'autre auteur, puisque, hormis le thème de la mort d'un enfant, les histoires semblent complètement différentes. Faut-il y voir un coup de publicité pour soutenir la sortie d'un livre que je trouve bien médiocre?
30 décembre 2007
Le huit - Katherine Neville
En visite chez des amis j'ai la fâcheuse habitude de farfouiner dans leur bibliothèque. Accueillie pour le week-end chez les parents du SDH à l'occasion des 30 ans de celui-ci, je n'ai pas dérogé à ma petite manie. Bon, ceci étant, je n'ai pas tous les torts, hein: les parents ont installé au grenier de leur superbe maison une grande, très grande bibliothèque bien garnie d'ouvrages variés. Face à la perspective d'une heure ou deux de repos, je n'ai donc pas résisté à un gros pavé dodu, au résumé de couverture bien alléchant. Nichée sur le divan blanc du jardin d'hiver, régulièrement ravitaillée en thé et mandarines, blottie sous un plaid moelleux, je me suis lancée avec délices dans ma lecture.
Synopsis: un jeu d'échec sur lequel serait inscrit une formule mystérieuse et précieuse suscite les convoitises diverses. Alors qu'éclate la Révolution, l'abbesse du couvent où est dissimulé le jeu éparpille ses religieuses, porteuses chacune d'une pièce du jeu, afin d'égarer les recherches, et d'éviter que le jeu tout entier ne tombe dans des mains malintentionnées.
Les destins du jeu et des femmes qui en ont la charge, volontairement ou non, s'entrecroisent. On les suit en parallèle, pendant la Révolution et à notre époque. L'intrigue est bien nouée, faisant intervenir sans scrupules des personnages comme Marat, Napoléon et sa famille, la tsarine Catherine II ou encore, le colonel Khadafi. La référence constante au jeu d'échec donne une furieuse envie de dresser un échiquier et de se lancer dans une partie. Le ton volontairement burlesque de la partie contemporaine de l'histoire contrebalance celui, plus dramatique, de la partie plus ancienne, donnant un contraste agréable et permettant de passer sans confusion d'un chapitre à l'autre.
Un bouquin bien construit, dont l'énigme est intéressante. Un pavé à savourer le temps d'un week-end paresseux ou d'un long voyage en train, dépaysant, original sur la forme sinon sur le fond.
Le huit, Katherine Neville, éditions Pocket, 966 pages.
25 décembre 2007
Dans l'oeil de l'ange - Andrea Japp
Fouinant au hasard des rayonnages de la bibliothèque je suis tombée sur quelques romans d'Andrea Japp. Que j'ai tous dévorés, avec une passion jamais démentie.
Andrea Japp a une plume qui ne ressemble qu'à elle, mâtinée d'une once de Cornwell, dont elle est d'ailleurs la traductrice. Un style noir et sobre, des personnages marqués, et des femmes fortes: je ne me lasse jamais des intrigues de cet auteur qui plonge avec tant d'habileté sa plume dans la noirceur de l'âme, sans oublier pourtant de laisser venir la lumière.
Synopsis: afin de résoudre une série de meurtres dont les victimes sont liées à un laboratoire pharmaceutique, James Cagney fait appel à Gloria Parker-Simmons, mathématicienne de haute volée. Cet ouvrage vient clôturer une trilogie (cf: La parabole du tueur et Le sacrifice du papillon ) au cours de laquelle Cagney et Parker-Simmons ont noué des liens personnels tout autant que professionnels, et mêle habilement enquête policière et psychologie des personnages.
Ce roman-ci m'a particulièrement touché par son dénouement. J'avais oublié (j'ai la chance d'oublier le dénouement de la moitié - au moins - des livres que je lis, ce qui, vue la quantité industrielle de bouquins que je dévore, est une bénédiction pour mon portefeuille: je peux lire et relire le même bouquin une dizaine de fois sans que le plaisir ne soit diminué) la pirouette de la fin, qui ouvre dans l'enfer personnel de l'héroïne une porte sur l'espoir.
Une intrigue passionnante servie par une plume concise et sobre, de la noirceur dénuée de misérabilisme, de la chaleur et de la tendresse sans mièvrerie: un livre à dévorer sans hésitation.
Dans l'oeil de l'ange - Andrea Japp, LGF - Livre de Poche, à partir de 1,45 EUR en occasion chez Amazon
22 novembre 2007
Le silence de Clara - Patrick Cauvin
C'est avec "E=MC²" que j'avais découvert Patrick Cauvin. Puis, de "Rue des Bons Enfants" à "Pythagore je t'adore", en passant par "Pourquoi pas nous", je me suis attachée à cet auteur aux écrits gais et tendres, pleins d'amour, de joie, porteurs toujours d'un souffle frais et léger.
"Le silence de Clara" fut une surprise. Ecrit dans une veine assez sombre, il prend une voie complètement différente des oeuvres habituelles de Patrick Cauvin. On y rencontre un père s'occupant seul de sa fille autiste après le départ de sa mère. On découvre un jour que l'enfant, incapable de parler et de lire, écrit au hasard de cahiers une histoire censée se dérouler vingt ans plus tard.
Patrick Cauvin déroule une thèse très audacieuse sur l'autisme, mâtinée d'angoisse et de tension, empreinte également d'amour et de pardon, leitmotivs qui reviendront tout au long de l'histoire. Comme de coutume le langage est agréable et sobre, les sentiments nets et sains... Une histoire à ne pas lire dans une maison vide, par une longue nuit d'hiver.
Le silence de Clara, Patrick Cauvin, Editions LGF, 254 pages (à partir de 5,23 EUR sur Amazon).
07 novembre 2007
Les démons de Barton House - Minette Walters
Si j'avais été un peu décue par le dernier Patricia Cornwell, si le dernier Robin Cook - pas l'anglais, l'autre - était bien mais avec une fin un peu bâclée, c'est avec jubilation que j'ai dévoré le nouveau Minette Walters.
Synopsis: correspondante de guerre, Connie croise à plusieurs reprises un homme qu'elle soupconne d'être impliquée dans des meurtres sadiques. Enlevée et séquestrée trois jours après avoir fait état de ses soupcons et de ses découvertes concernant l'homme en question, elle quitte l'Afrique pour aller se cacher au fin fond du Dorset. Vieille maison isolée, voisine bizarre, crises de panique...
Mêlant récit et extraits de mails et de notes personnelles, tricotant ensemble l'histoire du sadique et celle de sa voisine, Minette Walters tisse un roman très réussi, basé sur une intrigue sans faille. Un peu de psychologie, de l'humour noir, la distanciation empêche l'angoisse, sans gêner le suspens. Une histoire fort bien maîtrisée, palpitante, prenante, par une maîtresse du genre.
Les démons de Barton House - Minette Walters, Pocket, 478 p.
26 octobre 2007
Le mystère des dieux - Bernard Werber
Enfin la conclusion tant attendue de la trilogie du Cycle des Dieux. Si Mamaman n'a pas accroché du tout, j'ai quant à moi dévoré les deux preiers tomes, séduite par l'inventivité de Werber, qui déroule un nouveau cycle en connexion directe avec les Thanatonautes et l'Empire des Anges.
Après avoir été un homme, puis un Ange, Michael Pinson se retrouve élève dieu, rejoignant une promotion francaise comptant, entre autres, Edith Piaf, Gustave Eiffel, Georges Méliès... Sous l'égide de "vrais" Dieux (Aphrodite, Hadès, Apollon...), et entourés de nymphes, de centaures et autres demi-dieux, il devra présider aux destinées d'un peuple vivant sur "Terre 18". Au fur et à mesure de la progression des cours et des "contrôles", les moins bons élèves seront éliminés.
Le dernier tome commence sur la défaite de Michael Pinson et son châtiment. Après un bon début, Werber tombe dans la facilité en copiant purement et simplement l'histoire de "notre" Terre à nous. Le châtiment de Pinson et ses conséquences sont des plus goûteuses. Je suis néanmoins restée sur ma faim avec la... fin, un peu trops hors sujet à mon goût. J'aurai préféré que Werber s'arrête au "9" pluôt que de continuer vers le 10...
Un bon bouquin, qui n'a pas la saveur des deux précédents.
Le mystère des Dieux, Bernard Werber, 475 pages, 22,95 €, Editions Albin Michel