19 octobre 2007
Elise - Arlette Cousture
C'est avec "Emilie" que j'ai découvert les romans d'Arlette Cousture. Vocabulaire délicieux dont les expressions font naître au coeur un souffle de Québec, personnages vrais et forts, histoires simples et enracinées, je me suis régalée avec "Emilie" comme avec "Blanche". Aussi, quand je suis tombée, chez Boulinier, sur "Elise", je n'ai pas hésité à acheter ce roman clôturant la trilogie des "Filles de Caleb".
Déception. C'est LE bouquin inutile par excellence. Il n'apporte, à mon goût, rien de plus à l'histoire. On retrouve, certes, le personnage classique de "la femme forte" - en l'occurrence, Elise, bien fade en comparaison de sa mère et de sa grand-mère. Le vocabulaire, très lissé et "francisé", n'a plus la savoureuse trucculence de celui des livres précédents. L'histoire est plutôt fadasse, trop polie, trop "civilisée", à cent lieues de l'esprit aventureux et pionnier des deux premiers romans.
Un livre inutile, donc, dont on peut aisément s'épargner la lecture.
Elise, Arlette Cousture, Editions Albin Michel, 397 pages, 0,20 € chez Boulinier (et ca ne vaut pas plus).
10 octobre 2007
La femme sacrée - Michel de Grèce
Dans "La femme sacrée" Miche de Grèce retrace la vie de la Rani de Jani, de son veuvage à sa mort, et sa cohabitation, puis sa lutte contre le colon anglais.
Si on fait abstraction du côté un tantinet "Barbara Cartlandesque" (ceci étant, on ne sautera pas la description du bel Akbar et de ses ébats fougueux avec la belle souveraine), on trouvera dans ce roman une histoire forte et dépaysante, qui présente l'intéressante particularité de montrer les deux côtés de l'histoire: de l'un, la guerre vue par la Rani et les Indiens, de l'autre, la vision d'un jeune officier britannique, au travers des missive qu'il envoie à sa fiancée restée en Angleterre.
Un roman de jour de pluie, distrayant sans être trop prenant.
"La femme sacrée", Michel de Grèce, 478 pages (Editions Pocket). 0,20 € en grand format chez Boulinier, à partir de 1,00 € en occasion sur Amazon.
06 octobre 2007
Angélique Marquise des Anges, etc... Anne et Serge Golon
Vendredi, 19h00, au dernier étage de Gibert. A droite, Strudel, à) gauche, le vendeur.
"Bonjour, je cherche des ouvrages d'Anne et Serge Golon, s'il vous plaît.
-Oui, quel titre?
-N'importe.
-Oui, mais quel titre?
-N'importe lequel. Il y a toute une série de romans, j'en ai quelques-uns, je cherche ceux que je n'ai pas. Je ne connais pas les titres exacts. Je veux farfouiller dans le rayon.
-Mais Golon, Golon, il écrit quoi, Golon?"
Vous vous résignez et lâchez:
"Angélique Marquise des Anges".
Et là le vendeur vous adresse le regard que vous réservez à votre chat vous rapportant une souris pas tout à fait morte:
"Ah, ca, on fait pas, hein.
-Pas du tout?
-Ah ca, non. Vraiment pas. A la rigueur, peut-être, en grand format, mais la série, ca fait des années qu'on ne la fait plus.
-J'en viens, des grands formats, vous n'en avez qu'un, et je l'ai déjà.
-Ah ben tant pis, mais en tout cas, nous on n'en fait pas, et puis je peux vous assurer qu'on n'en refera pas."
Snobée par le vendeur, vous irez chez Boulinier. Là, le vendeur vous regardera d'un air un tantinet taquin, vous livrant cependant une réponse à peu près similaire:
"S'il nous en reste ce sera dehors, dans les grands formats à 20 centimes, mais je n'en ai pas vu aujourd'hui."
Farfouinant dans les volumes poussiéreux, vous finissez pourtant par mettre la main sur trois tomes que vous n'avez pas encore, et repartez avec, sous le bras, les aventures de la belle marquise et de ses nombreux amants.
Hélas, la mine Boulinier n'est pas le chaudron sans fond des lutins irlandais: vos prochaines visites vous laisseront bredouilles, et il reste encore des "Angélique" à trouver.
Vous vous rabattez sur Amazon, et sa rubrique "occasions".
Devinez à combien monte "La victoire d'Angélique", version usagée? A 90 €... A ce prix-là, est-ce qu'on vous offre le numéro de téléphone personnel de Geoffrey de Peyrac? Et on demande 198,45 € d'"Angélique et le chemin de Versailles", en version poche d'occasion, que vous avez dégotée à 20 centimes chez Boulinier.
Bon, c'est décidée, vous allez courir les bouquinistes des Quais.
03 octobre 2007
Aide-moi - Nicci French
Dans un style qui n'es pas sans rappeler le "Une relation dangereuse" de Douglas Kennedy, le duo anglais Nicci French met en scène Holly, maniaco-dépressive. Tantôt brillante et pleine de succès, tantôt auto-destructrice, Holly entraîne mari et amis dans son enfer. Le thème familier à Nicci et French du conjoint / petit ami machiavélique est développé de facon moins évidente et plus subtile que dans leurs romans habituels.
Pas de coups de théâtre, pas de tra la la, mais une intrigue qui se développe lentement, jusqu'à un dénouement en plusieurs temps.
Une "fin finale" un peu en queue de poisson à mon goût, pour un bon roman bien travaillé, qui vous fera passer un moment agréable.
"Aide-moi", Nicci French, 294 pages, éditions Fleuve Noir (12 EUR en occasion chez Gibert, à partir de 13 EUR en occasion sur Amazon.fr).
30 septembre 2007
Une relation dangereuse - Douglas Kennedy
Deux correspondants de guerre se rencontrent, tombent amoureux, et rentrent en Europe se marier et fonder une famille. Grossesse de l'une, éloignement de l'autre, infidélité, manipulation et cruauté se mêlent pour former ce qui est, à mon goût, le meilleur roman de Kennedy, dont l'intrigue n'est pas sans me rappeler "Aidez-moi", de Nicci French.
Dans ce bouquin fort bien ficelé Douglas Kennedy aborde le thème - glissant - de la dépression post-partum. Il noue son intrigue avec habileté, rendant avec justesse et finesse des émotions pourtant typiquement féminines, sans tomber dans le pathos. Le dénouement est à la mesure du reste de l'ouvrage. Un excellent roman, à découvrir sans hésitation.
Une relation dangereuse - Douglas Kennedy (éditions Pocket)
29 septembre 2007
La poursuite du bonheur - Douglas Kennedy
A force de lire le critiques du dernier Kennedy, et puisque mes auteurs favoris ne sortent pour l'instant aucun bouquin (ah si... Le dernier Coben, à acheter d'urgence), je me suis décidée à découvrir le chouchou de la rentrée.
La poursuite du bonheur est un gros pavé, dont l'histoire se situe en majeure partie dans l'après-guerre. Sara rencontre Jack, une nuit partagée, un soldat qui part pour la guerre en promettant le ariage à son retour, et puis, le silence. De rencontre éclair en retrouvailles, un amour mené "malgré tout". Des obstacles, une lutte en vain, des caprices d'un destin qu'on dirait mesquin. Une histoire bien ficelée, douce amère, sans trop de cris. Un dénouement sans tra-la-la, presque philosophique. Douglas Kennedy ne résoud pas la question du bonheur, ne dit ni ce que c'est, ni comment le trouver. Son livre n'est pas un petit guide du bonheur parfait, à cent lieues des Harlequinades et autres romans roses. Le sien est gris: gris perle, gris orage, gris souris, nuancé de bleu, de rose, de doré. Gris comme un ciel mi-figue, mi-raisin. Son héroine, à la fin, n'est pas forcément heureuse, n'est pas malheureuse non plus. Elle a appris, sur elle, sur son passé, sur sa famille. On la quitte plus forte, plus adulte, à l'aube peut-être d'une nouvelle facon de vivre.
La poursuite du bonheur, Douglas Kennedy, 774 p. (éditions Pocket).
14 septembre 2007
Temps mort - Harlan Coben
Echange de bons procédés: tandis que j'écris à Janique de Suisse pour lui qu'un des Myron non traduits vient de sortir ("Temps mort", sorti le 13 septembre en grand format), elle m'informe qu'un nouveau titre est paru: "Dans les bois".
Après vérification, ce dernier ne fait pas partie des non traduits, mais est vraiment une nouveauté: chic, un nouveau Coben en perspective! Par contre, ce n'est pas un Myron. Introuvable sur amazon, le bouquin est proposé en avant-première chez France Loisirs. Est-ce à dire que c'est une pré-commande, pour un titre à paraître? Affaire à suivre. Le synopsis: un jeune procurer est hanté par la disparition de sa soeur, 20 ans plus tôt, dans les bois hantés par un serial-killer. Lorsqu’il est appelé pour l’identification d’un corps, le passé – ses questions, ses secrets, ses menaces – ressurgit. La victime n’est autre qu’un des garçons qui avaient disparu à l’époque. S’il était en vie tout ce temps, sa sœur l’est-elle aussi ?
(Merci à France Loisirs pour le texte, au passage).
Amazon annonce par contre la sortie, le 3 octobre, d'u autre titre de Harlan Coben, "jusqu'à ce que la mort nous sépare". Toutefois, si on examine la couverture, on voit écrit "Harlan Coben présente", puis "une anthologie des Mystery Writers of America". Doit-on attendre une compilation de nouvelles écrites par des tiers plutôt qu'un vrai roman original de Coben?
Pour en revenir à "Temps mort", il fait partie des livres "charnières" selon moi situés juste avant "Du sang sur le green", décrivant une époque plutôt sombre dans la vie de Myron Bolitar. Les traductions francaises ayant sauté ces ouvrage, il est difficile de comprendre ensuite la séparation de Myron d'avec Jessica, par exemple, ou l'apparition du fils de Bolitar.
Dans "Temps mort" c'est toute la rupture d'avec Jessica qui se comprend, ainsi que le gros passageà vide de Myron qui remet toute son existence en question. Un roman un peu plus noir, un peu moins gouailleur, toujours très bien ficelé. A lire sans hésiter!