14 mars 2008
Benjamin Gates et le livre des secrets
Châtelet après le bureau, séance affichant complet et aucun film ou presque ne commencant rapidement: c'est un peu par défaut que nous avons opté pour Benjamin Gates, opus 2.
Alors alors... Malgré un joli casting alignant Nicolas Cage, Diane Kruger (moins jolie quand elle bronze), Jon Voigt, mon chouchou Ed Harris (pourquoi il joue toujours les salauds?) et l'excellente Ellen Mirren;
malgré quelques scènes d'action assez sympathiques et quelques très beaux décors;
malgré un Ed Harris qui vieillit décidément fort bien, en mettant un peu de viande autour de son visage taillé au couteau, ce qui ne lui va pas mal du tout;
magré un président des Etats-Unis vachement plus sexy que ceux ayant jamais occupé ce poste (JFK mis à part);
malgré, donc, quelques ingrédients bien choisis, ce volet de la saga Gates s'avère une version basse calories d'Indiana Jones. Puisque c'était en VO, on ne peut même pas mettre la faiblesse ou la grandiloquence de certains dialogues sur le compte du doublage.
Un film à voir éventuellement, avec un pré-ado assez jeune pour avaler l'histoire sans s'arrêter aux ficelles un peu grosses.
03 mars 2008
Sans plus attendre
Scenario: deux hommes atteints d'un cancer fulgurant décident de profiter de leurs derniers mois pour vivre tout ce qu'ils voudraient encore vivre avant de mourir.
Jack Nicholson en milliardaire râleur et emmerdeur patenté, et Morgan Freeman en mécanicien cutivé et père de famille aimant, campent à merveille un duo dynamique et drôle à souhait. Malgré un thème sombre et délicat, et une fin à tirer des larmes, les scènes s'enchaînent à un rythme tonique. Action, rires, gouaille, les deux sexagénaires nous entraînent de chute libre en atelier de tatouage, d'Egypte en Himalaya, pour un film jubilatoire et hilarant.
29 février 2008
Jumper
Pour une fois la critique avait raison. Enfin; la critique qui disait que le film était une daube joyeusement daubée, pas la critique disant que c'était un film sympa permettant de passer un agréable moment.
Synopsis: un jeune homme a le pouvoir de se téléporter. Il vole de l'argent dans les banques pour gagner sa vie, et flâne à travers le monde le reste du temps. Un jour, il manque se faire tuer par un Paladin (les Paladins étant les ennemis des Jumpers) et découvre - ô surprise - qu'il y a d'autres Jumpers dans le monde. Il fait équipe avec un autre Jumper pour éliminer le plus dangeureux des Paladins.
Mmm... Comment dire? Disons que dans son genre, ce film était aussi barbant que Cloverfield. Hayden Christensen en plus, mais passé les premières images, il perd de son charme. La jolie Rachel Bilson fait un peu tarte. Morgan Freeman avec les cheveux blancs semble s'être perdu là par hasard (son agent a voulu lui faire une mauvaise blague en l'envoyant tourner dans ce navet?).
Le côté réjouissant du film réside dans les très belles images (Egypte, Australie, Tibet, etc) et un peu (un tout petit peu) dans la jolie petite gueule d'amour du personnage principal (dont la fadeur ternit vite l'éclat, hein).
Bref... Sauf si vous voulez amortir à tout prix votre passe UGC, oubliez ce film.
11 février 2008
John Rambo
Après "Rocky Balboa" Sylvester Stallone nous offre "John Rambo". Une facon de boucler la boucle afin que personne après lui ne reprenne ses personnages phares?
J'avais adoré "Rocky Balboa", "John Rambo" m'a fait frémir, trembler, et fermer les yeux. D'angoisse. Le film s'ouvre sur la fusillade des moines boudhites en Birmanie, avec des effets spéciaux tellement bien faits qu'on a l'impression de voir les balles siffler dans la salle.
Comme pour "Rocky" j'ai trouvé qu'on avait là le film de la maturité, marquant de facon irrévocable la fin du cycle Rambo.
La violence est omniprésente et d'un réalisme très dérangeant, une violence qui laisse les muscles tendus et la respiration serrée. Les scènes d'action s'enchaînent à un rythme haletant, ne laissant aucun répit, et la fin arrive beaucoup trop vite - le film a pourtant duré plus d'une heure trente.
Sans s'apesantir dans de longues réflexions pseudo-philosophiques, le film ouvre la réflexion entre idéalisme et réalité. Voir que l'obstination d'un groupe d'Occidentaux bien intentionnés débouche sur un carnage, réfléchir sur l'interventionnisme angélique de missionnaires venus apporter des livres... Le doublage ne rend pas justice aux (rares) dialogues, qui apparaissent parfois trop grandiloquents.
Et la fin, sobre, tendre, dépouillée, surprenante, synonyme d'apaisement.
Un film réussi, très violent cependant, à déconseiller à mon avis aux moins de 16 ans (la consigne officielle étant "interdit aux moins de 12 ans").
09 février 2008
Cloverfield
Ce qui est intéressant avec Thibault, c'est qu'il me propose toujours d'aller voir des films que, seule, je n'aurais jamais (mais alors, jamais) pensé à aller voir.
C'est ainsi que je me suis coltiné "Alien VS Predator", que j'ai vu pour la première fois l'effrayant faciès de Freddy dans "Freddy contre Jason", que j'ai labouré son bras de mes ongles (bien fait) au cours du visionnage de "Dark Water" (la version japonaise originale) ou que j'ai joyeusement rigolé devant "Joyeuses funérailles".
Challenger de poids dans la course à l'ocar du navet cinématographique, Cloverfield réusit l'exploit d'être bruyant, ennuyeux, avec des dialogues qui feraient passer Christophe Dechavanne pour un intellectuel et une mise en scène qui brille par son abence. Ajoutez à cela un tournage en caméra subjective (traduire: un des personnages se balade avec sa caméra à l'épaule, l'image tremble, saute, tournicote à donner la nausée, on se croirait dans "le projet Blairwitch"), un volume sonore qui m'a contrainte à passer la moitié du film les doigts enfoncés dans mes oreilles (propres, mes oreilles), et un monstre ressemblant à Godzilla à qui on aurait greffé une tête de doberman et des ailettes de dragon du Komodo.
Le pitch: un monstre détruit Manhattan.
Un film à éviter, à fuir, à oublier... On ne peut même pas s'endormir devant, puisque les protagonistes passent leur temps à crier "oh my god oh my god oh my god".
05 février 2008
Astérix aux Jeux Olympiques
Si les critiques n'épargnent pas "le film le plus cher du cinéma francais", je me suis quant à moi joyeusement amusée devant cette comédie à mon goût plutôt réussie.
En tout cas bien plus que les deux premiers opus, lesquels m'avaient fait regretter le temps des dessins animés d'Astérix ou mes vieilles BD.
Certes, on ne fait pas trop dans la finesse, certes, la charmante Vanessa Hessner a dans ses premières répliques un air un peu nunuche.
Mais je me suis vite laissée prendre aux très beaux décors, mélange inattendu de planches de BD et de vrais paysages - la scène d'Alafolix sur le pont du Gard étant particulièrement réussie. Clovis Cornillac en Astérix m'a d'abord surprise, habituée que j'étais aux facéties de Christian Clavier. Et puis m'a plu, je trouve qu'il se met dans la peau du personnage au lieu d'adapter le personnage à son jeu. Adriana Karambeu en Mme Agecanonix est somptueuse et forme avec Sim un duo réjouissant, Benoît Poolvoerde campe un Brutus bête et méchant savoureux à souhait, et Alain Delon...
Ah, Alain Delon. S'il ne fallait qu'une raison pour courir voir ce film ce serait pour admirer le Guépard toujours dangeuresement séduisant. Il campe un César hautain, imbu de lui-même et irrésisitiblement drôle, mêlant panache et auto-dérision dans un cocktail irrésistible. Les "Avé moi" de Delon et les "Avé Papa" de Poolvoerde ont suffit à me mettre en joie, pari pourtant difficile après une journée de travail éreintante et un Strudel d'une humeur de dogue.
S'il ne restera pas dans les annales comme un chef-d'oeuvre, Astérix aux Jeux Olympiques reste un fim réjouissant et drôle, tous publics, truffé de clins d'oeils, avec un casting variés permettant de découvrir le côté cabotin de sportifs comme Amélie Mauresmo ou Tony Parker. Zinedine Zidane en Numérodix, perruque longue et eye-liner à l'appui, en train de sussurer "allez fais moi le bisou" à Djamel boudeur, vaut le déplacement. Et je serai éternellement reconnaissante à celui ou celle qui me dira qui incarnent le conducteur allemand de la course de chars (Mika Hakkinen?) et son entraîneur (Jean Alési?).
02 janvier 2008
Hitman
Les films d'action, j'aime. Un film un peu violent, bon, ca passe aussi - effet de catharsis oblige, je me sens après merveilleusement détendue.
Une adaptation de jeu vidéo, pourquoi pas? D'autant qu'avec la carte UGC, les navets ne coûtent rien. J'ai donc laissé l'Homme choisir le film (j'irai voir "Alvin et les chipmunks" et "Gone baby gone" sans lui, toc).
Synopsis: un officier d'Interpol traque un tueur professionnel, issu d'un "élevage" d'assassins top niveau.
J'ai beaucoup aimé le générique, réalisé dans le style de John Woo sur fond d'Ave Maria. Malgré la violence que l'on devine de flash en flash, la voix cristalline et les paroles du chant donnent une belle poésie à ce moment du film.
On tombe ensuite dans l'ultra-violence, avec une succession de scènes sanglantes crûment montrées. Un peu trop d'invraisemblances à mon goût. Un manque de recherche psychologique: j'aurais aimé que le film se penche plus sur "l'élevage" des tueurs professionnels, la genèse et le fonctionnement de l'organisation qui est derrière.
L'enquête en elle-même est correctement menée, sans pour autant vous faire trépigner d'impatience pour connaître la fin.
Bref, un film pas plus raté que d'autres, correct (l'Homme, lui n'a pas aimé du tout), à télécharger à la rigueur, ou à louer en DVD si vraiment vous n'avez pas d'autre idée pour passer la soirée. A déconseiller, à mon avis, aux ados, à cause de l'ultra-violence des images.
29 décembre 2007
Je suis une légende
Voilà un film que j'aurais mieux fait de ne pas aller voir.
D'abord, parce qu'il est inutile. J'ai beau être une fan absolue de Will Smith que je trouve sexy en diable malgré ses oreilles en antenne parabolique (ca doit tenir à ses pectoraux et à son ventre en tablettes de chocolat), et raffoler des films d'action, j'avoue que j'ai trouvé que celui-ci traînait diablement en longueur.
Synopsis: Le remède miracle contre le cancer s'est avéré être un virus mortel, décimant la population et transformant les rares humains survivants en bêtes épouvantables, mélange de vampire et de pitbulls atteints de la rage. Will Smith - alias Dr. Robert Neville - est le seul être humain survivant à ne pas être devenu une bête. Il parcourt New York avec son chien, et émet sur les ondes radiophoniques dans l'espoir de retrouver d'autres survivants, et capture des bêtes pour testre sur eux le vaccin qu'il tente de mettre au point.
J'aurais certes dû penser que les dialogues ne seraient pas le point culminant de l'histoire du dernier homme sur Terre. Effectivement, on doit plus parler dans le Grand Bleu que dans "Je suis une légende".
Contempler Will Smith et son chien pendant une heure (ensuite, on contemple Will Smith sans son chien) ne justifie pas de payer 9,70 EUR la place (pop-corn non inclus). Les loups-garous / vampires sont absolument effrayants, j'en ai fait des cauchemards pendant deux nuits.
Un film un peu rasoir, un peu longuet, qu'on peut ne pas aller voir, sauf si on veut rentabiliser son abonnement UGC.
28 décembre 2007
Et si c'était lui
Depuis "Le coeur des hommes" j'ai un faible pour Marc Lavoine acteur. C'est donc tout naturellement qu'un soir de cafard et de nuit glacée je me suis réfugiée devant "Si c'était lui".
Synopsis: Valentin, chômeur un peu paumé, tour à tour agressif et tendre, emménage dans un immeuble huppé, face à l'appartement occupé par la belle Hélène et son fils Jérémie. De disputes en séduction; une relation hésitante se tisse entre Madame la bourgeoise et Monsieur le sans-le-sou.
Une découverte pour moi que Carole Bouquet, toujours aussi belle, dont le sourire mutin rappelle de facon frappante celui de Vivian Leigh incarnant Scarlett O'Hara. Loin de la beauté froide dont j'avais l'image, on découvre une femme rieuse et chaleureue, un peu dépassée par son ado de fils et son voisin atypique. Marc Lavoine incarne fort bien son personnage de mec cassé, abîmé, égratigné, qui garde cependant chaleur et humour. Le film évite assez bien la caricature, montrant que le snobisme et les préjugés ne sont pas l'apanage des seuls "bourges". Une conclusion en pirouette, qui laisse la porte ouverte à tous les possibles.
Un film chocolat, qui ne restera sans doute pas dans les annales, mais qui a le méite d'être doux et chaud comme une écharpe en cachemire, confortable, agréable, et qui saura égayer une journée un peu grise ou une soirée solitaire.
13 décembre 2007
Il était une fois
Solitude d'un soir d'hiver (enfin, d'automne, mais vue la température polaire qui règne sur Paris en ce moment, je persiste et je signe: d'hiver). Pour vous récompenser de votre journée studieuse vous décidez de vous récompenser: cinéma au programme.
Chercher sur le Net quel film, et quelle séance.
Opter pour le "George V" dont vous aviez tellement aimé la salle rococo-baroque quand vous y étiez allée voir "l'âge d'or", le chef-d'oeuvre (de consternation) "romaindurisesque". Et pour le film qui commence dans 90 minutes, pile-poil le temps de souper sur le pouce et de foncer dans le RER: "Il était une fois".
Oui, vous êtes une inconditionnelle de dessins animés. D'ailleurs, vous regrettez encore d'avoir manqué "Happy Feet". vous êtes bien contente d'entrer dans une salle vide et, surtout, dépourvue de mômes.
Ce n'est pas que vous n'aimiez pas les mômes. Vous squattez honteusement ceux de vos copains et de votre amie Hélène, toujours prête à leur donner la becquée, le bain, à jouer avec eux, les câliner, jouer avec eux. Vous êtes fan de mini-humains.
Pas au cinéma. Ni dans le train. Et encore moins dans l'avion, depuis qu'une insupportable petite fille vous a claironné "beueueue-aaaaaaah" dans l'oreille alors que roupilliez tranquilllement sur le Vienne-Paris.
Aucun enfant, donc. Par contre, à côté de vous, un trio d'adultes bavards comme des pies borgnes. Vous remarquez que, plus les gens ont des conneries à dire, plus ils les disent fort.
25 minutes de pub, entrecoupés de deux extraits de film. Vous envisagez de bombarder l'écran avec les Mozartkugeln glissées au fond de votre sac avant de partir.
Enfin, le film. Qui commence comme un conte traditionnel, avec le livre s'ouvrant sur "Il était une fois". Clins d'oeils à Cendrillon, à Blanche-Neige (si le Prince est beau à croquer, la princesse en revanche a les traits un peu trop "modernes" à mon goût, on est loin de la ravissante Aurore), et hop... On bascule dans la vraie vie.
Alors c'est lui, le "Docteur Mamour" qui fait rêver toutes les fans de "Grey's anatomy". Aie... il est sexy à acheter l'intégrale de la série en DVDs, c'est vrai. La princesse est délicieusement naïve et décalée, la petite fille à croquer, le prince idiot à souhait, l'écureuil parfaiement drôle et croquignolet... Les chansons (en VO) sont fidèles à la plus pure tradition des contes de fées, amusantes, gaies, bien chantées, avec une version "salsa" enlevée et très amusante.
Sortir du film à regret, la tête pleine de paillettes, avec l'envie de chanter gaiement "a ahaha a ah ah" et de sautiller sur les Champs-Elysées et un sourire qui dure jusqu'au lendemain.
Prolonger la magie en descendant les Champs illuminés, dans l'air pur et froid qui rosit les joues. Un détour par le Séphora - musique techno, gogo-danseuse en corset - où une charmante hôtesse de caisse s'occupe de vous avec sourire et compétence (cherchez Nathalie, si vous allez faire vos courses beauté là-bas, elle est parfaite dans son rôle). Un retour au nid pour se glisser dans un lit tendu de draps de flanelle tout propres qui sentent bon la lessive. Et faire de beaux rêves!